Mail à Michel DUYME suite à un article dans TELERAMA (Magazine TV - France) le 1er septembre 1999

Philippe Gouillou - 8 septembre 1999 - http://www.douance.org/complements/jacquard.html

Mises à jour

27-03-01 : Ajout de la réfutation de l'article de Duyme et al. (comme quoi mes doutes étaient plus que justifiés..

Commentaires

  1. Je n'ai jamais reçu la moindre réponse, ni le moindre commentaire informel de la part de Michel DUYME suite à ce mail. Comme cela fait plus d'un mois, je suppose que je n'en recevrai pas : ce qui n'a rien de surprenant (Michel DUYME a du être extrêmement sollicité suite à son article).

  2. Depuis ce mail, j'ai effectué quelques recherches complémentaires : - Différents interlocuteurs ont cité des résultats d'études indiquant que le QI d'un enfant est très dépendant de l'environnement, mais que cette dépendance cesse à l'âge adulte. En d'autres termes, un enfant bien élevé atteindra plus vite son QI adulte, mais celui-ci semble limité génétiquement. En ce sens, l'étude de Duyme ne serait que la confirmation d'autres études déjà effectuées.

  3. Au fur et à mesure de l'avancée de ma réflexion, j'ai de moins en moins de doutes quant à l'importance des 2 points que je soulève dans ce mail.

Copie du mail :

  Wednesday, September 08, 1999, 2:20:45 PM, Philippe Gouillou wrote:


  Cher Docteur,

  Je vous ai mis en copie d'un mail que j'envoie à la plus importante
  liste de discussion mondiale sur la psychologie évolutionniste
  (1.400 inscrits). Le 21 Juillet, son modérateur (Dr Ian Pitchford) y
  avait transmis l'abstract de votre article.

  Comme je l'écris dans ce mail, je n'ai jamais eu l'occasion d'un
  contact direct avec vous, mais ai pu lire les comptes-rendus de vos
  conférences pour l'AFEP.

  Votre étude semble très intéressante (je n'en ai lu que l'abstract
  pour l'instant), mais elle me pose deux problèmes:

  #1: Automutilation:
    Comment pouvez-vous être certain que vous n'avez pas fait que
    mesurer "l'automutilation intellectuelle" qui arrive aux enfants
    (notamment surdoués) en environnement difficile ? Jean-Charles
    Terrassier m'avait notamment cité le cas d'un enfant qui était
    passé de 80 à 130 en qqs mois (il avait été victime d'un
    accident, et on suppose que son QI précédent devait être aux
    alentours des 130)
    En d'autres termes, comment pouvez-vous déduire que le QI n'est
    pas prédéterminé alors que vous ne mesurez que sa possibilité
    d'épanouissement en fonction de l'environnement ?
    Un exemple pour être plus clair : la taille et l'embonpoint
    (masse corporelle) d'une personne sont largement déterminés
    génétiquement,  mais  dépendent  évidemment  largement  de
    l'environnement  (quantité et type de nourriture disponible
    notamment). Peux-t-on déduire des changements provoqués dans la
    croissance d'un enfant par un changement d'alimentation que
    l'embonpoint n'est pas génétique ? N'a-t-on pas mesuré que son
    degré de sous-alimentation ?

   #2: Tout se joue avant 6 ans

    Comment pouvez-vous démontrer la fausseté de cette phrase alors
    que les enfants que vous avez étudiés ont tous été adoptés
    *entre* 4 et 6 ans ?

  L'article de Telerama n'est qu'un article de propagande, qui montre
  que son auteur, DL Pélegrin, n'a strictement rien compris à
  l'approche nature/culture de la psychologie évolutionniste. Il
  s'agit hélas de quelque chose d'extrêmement fréquent en France.
  Aussi il est parfaitement possible que mes deux questions ne soient
  que la conséquence d'une mauvaise interprêtation de ma part.
  Mais, si vous en avez le temps, j'aimerais avoir votre avis.
  Quoiqu'il  en  soit,  je  vous  envoie  mes félicitations et
  encouragements les plus sincères.

  A bientôt,

  Philippe