Vie professionnelle : l'exclusion des hauts QI

Philippe Gouillou - 1 août 2015 - Mise à Jour : 2 septembre 2016 - http://www.douance.org/qi/exclusion.html
Les très hauts QI ne pensent pas de la même manière que les autres, au point que ces derniers ne peuvent pas les comprendre, ni même le plus souvent imaginer qu’il y a quelque chose à comprendre… Une conséquence est que les personnes à QI supérieur à 140 sont exclues du monde professionnel, comme le montre Michael W. Ferguson. Ci-après quelques extraits traduits et commentés de son article très intéressant.

L'article

The Inappropriately Excluded. Michael W. Ferguson. 22 janvier 2015

Extraits traduits

La règle générale est qu’il vaut mieux être à entre +1 et +2 écarts types de la population de référence sur un critère positif, mais pas au dessus. De même que quelqu’un de très grand rencontrera d’énormes difficultés au quotidien (habillement, transport, etc.), quelqu’un ayant un QI trop élevé rencontrera autant de difficultés, pour d’autres problèmes tout aussi quotidiens (communiquer, etc.) : trop peu de gens lui ressembleront, rien ne sera fait pour lui.

On pourrait donc en déduire qu’il suffit de réussir ses études et d’atteindre une profession intellectuelle de haut niveau pour se retrouver dans un environnement favorable, entouré de personnes à QI proche. Michael W. Ferguson montre que non1 :

"La probabilité d’entamer et de rester dans une profession de haut niveau telle que médecin, juge, professeur, scientifique, cadre, etc. augmente avec le QI jusqu’à environ 133. Elle chute ensuite d’environ 1/3 à 140. Pour un QI de 150, la probabilité a chuté de 97% ! En d’autres termes, un pourcentage significatif de personnes ayant un QI supérieur à 140 sont systématiquement, et très probablement de manière inappropriée, exclus de la population qui s’adresse aux problèmes les plus importants de notre temps ou qui sont responsables de la bonne tenue des opérations des institutions sociales, scientifiques, politiques et économiques. Cela ne bénéficie ni au groupe exclu ni à la société en général. Pour la société, il s’agit d’un horrible gâchis de ressource de valeur. Pour la personne à haut QI, c’est une tragédie personnelle qui résulte communément en la non-réalisation d’un potentiel social, éducatif et productif." 2

De fait, les professions dites intellectuelles montrent un QI moyen beaucoup plus faible que celui qu’on imagine :

"Sur une large gamme d’études et avec une consistance remarquable, des médecins aux professeurs et aux PDG, le QI moyen des professions intellectuelles d’élite est d’environ 125 et l’écart type (SD) d’environ 6,5. Par exemple, Gibson et Light ont trouvé que 148 membres de l’Université de Cambridge ont un QI moyen de 126 avec un écart type de 6,3. Le score le plus élevé était 139. J.D. Matarazzo et S.G. Goldstein ont trouvé que le QI moyen de 80 étudiants en médecine était de 125, avait un écart type d’environ 6,7. Il y avait une exception à 149, mais le score suivant le plus haut était 138. Cela signifie que 95% des personnes dans les profesions intellectuelles d’élite ont un QI entre 112 et 138 ; 99,98% ont un QI entre 99 et 151." 3

Et la conséquence est imparable :

"Donc, si votre QI est de 140 et plus, ceci devrait servir comme un avertissement que vous pourriez être contronté à des challenges dans votre carrière. Si votre QI dépasse 150, c’est un appel du cor : sans intervention directe vos perspectives de carrière sont très pauvres. Si vous être le parent d’un enfant à plus de 150 (SD 15), une action immédiate et énergétique est nécessaire." 4

Pourquoi cette exclusion ?

Michael W. Ferguson remarque que la plupart des explications accusent la personne à haut QI : elle manquerait d’intelligence interpersonnelle, ne saurait pas s’adapter, etc., tout serait de sa faute…

Pourtant, diverses études ont montré que la différence de QI suffit à expliquer l’impossibilité de communication :

Leta Hollingworth a étudié des enfants profondément surdoués. Elle a rapporté qu’ils avaient un QI supérieur à 180, sur un score R16. Sur un test moderne (SD 15), cela correspond à plus de 159. Sa conclusion est que quand l’écart de QI est supérieur à 30 points, la relation Leader/Suiveur se brisera ou ne se formera pas. Cela établit une limite absolue au golfe intellectuel entre les leaders et les suiveurs.

(…)

"Beaucoup plus récemment, D.K. Simonton a trouvé que la persuasion est à son maximum quand la différence de QI entre le speaker et l’audience est d’environ 20 points. Quoiqu’il n’ait pas étudié cet effet auprès des personnes à très haut QI, il est assumé qu’il suit le QI par ratio aux plus hauts niveaux. Cela a été corroboré par des études empiriques du succès de managers et de leaders, lequel montre un maximum à un écart de QI compris entre 1 et 1,2 écart-types." 5

Et Michael W. Ferguson montre que dans un environnement professionnel, cette limite absolue d’écart éjecte les hauts QI : la population normale (QI moyen de 105) ne voudra pas d’un manager ayant un QI supérieur à 135 (30 points d’écart), et ce dernier ne comprendra pas un conseiller à QI supérieur à 155 (20 points d’écarts)…

En conséquence :

"Les personnes avec un QI (SD 15) supérieur à 150 sont effectivement "Les Exclus", qui trouveront de manière routinière que leurs pensées ne sont pas convaincante dans le discours public et dans les environnements productifs. Placées dans une position de leadership, elles échoueront.

Donc, tandis que Sternberg et d’autres cherchent des défauts personnels pour expliquer les échecs personnels et sociaux des personnes à QI supérieur à 150, le fait est simplement qu’il s’agit d’un artéfact d’une culture qui échoue à leur fournir une audience ou des suiveurs. Ils ne sont pas des conseillers naturels, parce que les leaders ne sont pas persuadés, et souvent ne comprennent même pas les conseils." 6

L’enfance

Michael W. Ferguson remarque que cet effet se retrouve dès la prime enfance et que l’éducation standard détruit les enfants à haut QI :

"Quand nous entendons parler d’un enfant qui a finit son High School à 12 ou 13 ans, nous pensons à prodige "un sur un million" et nous suspectons que l’enfant a été poussé, à son détriment. Cependant, avec un environnement éducatif adapté, il est raisonnable de s’attendre à ce qu’environ 1 sur 200 enfants y parvienne. Le vrai "un sur un million" atteint le niveau supérieur à 7 ou 8 ans." 7

L’isolation sociale : la "ligne dans le sable"

"Les membres des clubs de Hauts QI, spécifiquement ceux qui exigent un QI supérieur à 145, remarquent souvent qu’à partir de ce niveau une pensée qualitativement différente émerge. Par ceci, elles indiquent qu’une personne à QI de 145 ne fait pas juste plus rapidement les mêmes choses intellectuelles qu’une personne à plus bas QI, elle s’engage réellement dans des processus intellectuels différents. David Wechsler, D. K. Simonton, et d’autres, ont fait la même observation.

Du fait que les relations sociales dépendent d’une compréhension mutuelle, cette différence dessine une sorte de "ligne dans le sable" à environ 140–150 de QI, qui apparaît séparer les humains en deux groupes distincts. Cela pourrait raccourcir la limite de 30 points pour ceux qui sont entre 150 et 160." 8

Commentaire

Cette extension par Michael W. Ferguson de l’importance de la différence de QI (rappelée en introduction) à tous les niveaux est particulièrement intéressante : elle permet d’expliquer l’échec de nombreux surdoués adultes, ceux-là même qui passent leur temps à faire des efforts pour s’adapter, et à qui on reproche en pemanence de ne pas y parvenir.

D’un autre côté, elle vient aussi doucher les espoirs qu’on pouvait avoir de réduire l’Effet de Peter Inversé, ce plafond de plomb qui écrase de nombreux surdoués à des postes subalternes…

Philippe Gouillou
30 juillet 2015

Liens

Historique

Date Description
2 sep 16 MàJ note vers Répartitions théoriques du QI en fonction du QI moyen de la population
1 août 15 1ère mise en ligne

Notes


  1. Toutes les traductions sont personnelles, les versions originales sont copiées dans les notes. Les mises en gras sont ajoutées. 

  2. Traduction depuis :

    "The probability of entering and remaining in an intellectually elite profession such as Physician, Judge, Professor, Scientist, Corporate Executive, etc. increases with IQ to about 133. It then falls about 1/3 by 140. By 150 IQ the probability has fallen by 97%! In other words, a significant percentage of people with IQs over 140 are being systematically and, most likely inappropriately, excluded from the population that addresses the biggest problems of our time or who are responsible for assuring the efficient operation of social, scientific, political and economic institutions. This benefits neither the excluded group nor society in general. For society, it is a horrendous waste of a very valuable resource. For the high IQ person it is a personal tragedy commonly resulting in unrealized social, educational and productive potential."
    Michael W. Ferguson

  3. Traduction depuis :

    "Over an extensive range of studies and with remarkable consistency, from Physicians to Professors to CEOs, the mean IQ of intellectually elite professions is about 125 and the standard deviation is about 6.5. For example, Gibson and Light found that 148 members of the Cambridge University faculty had a mean IQ of 126 with a standard deviation of 6.3. The highest score was 139. J.D. Matarazzo and S.G. Goldstein found that the mean IQ of 80 medical students was 125 with a standard deviation of about 6.7. There was one outlier at 149, but the next highest score was 138. This means that 95% of people in intellectually elite professions have IQs between 112 and 138 99.98% have IQs between 99 and 151."
    Michael W. Ferguson

  4. Traduction depuis :

    "So, if your IQ is 140 something, the above should serve as a warning that you may be facing related career challenges. If your IQ is over 150, it is a clarion call; without direct intervention, your career prospects are very poor. If you are the parent of a child with a D15IQ over 150, immediate and dramatic action is required."
    Michael W. Ferguson

  5. Traduction depuis :

    "Leta Hollingworth studied profoundly gifted children. She reported them as having IQs of 180+, which was a R16 score. As such, on today’s tests this equates to 159+. Her conclusion was that when IQ differences are greater than 30 points, leader/follower relationships will break down or will not form. It establishes an absolute limit to the intellectual gulf between leader and followers."
    (…)
    "Much more recently, D.K. Simonton found that persuasiveness is at its maximum when the IQ differential between speaker and audience is about 20 points. While he has not studied this effect among those with very high IQs, it is assumed that it follows ratio IQs at the high end. This has been corroborated with empirical studies of manager and leader success, which peaks between a 1.0 and 1.2 standard deviation differential."
    Michael W. Ferguson

  6. Traduction depuis :

    "People with D15IQs over 150 are effectively ‘The Excluded’, routinely finding their thoughts to be unconvincing in the public discourse and in productive environments. If placed in a leadership position, they will not succeed.
    So, while Sternberg et alia search for personal flaws to explain professional and social failings for people with D15IQs>150, the simple fact is that it is an artifact of a culture that fails to provide them with audience or followers. They are not a natural fit as Advisers because the leaders are not persuaded and often won’t even understand the advice."
    Michael W. Ferguson

  7. Traduction depuis :

    "When we hear about a child who finishes high school at 12 or 13, we think of a ‘one in a million’ prodigy and we suspect that the child was pushed to his or her detriment. Yet, with an enabling educational environment, it is actually a reasonable expectation for about one in 200 children. The true ‘one in a million’ child is doing college level learning at 7 or 8."
    Michael W. Ferguson

  8. Traduction depuis :

    "Members of high IQ societies, especially those that require D15IQs above 145, often comment that around this IQ, qualitatively different thinking emerges. By this they mean that the 145+ D15IQ person doesn’t just do the same things, intellectually, as a lower IQ person, just faster and more accurately, but actually engages in fundamentally different intellectual processes. David Wechsler, D. K. Simonton, et alia, have observed the same thing.
    Since intimate social relationships are predicated upon mutual understanding, this draws a kind of ‘line in the sand’ at 140–150 D15IQ that appears to separate humans into two distinct groups. This may truncate the 30 point limit for those between 150 and 160 D15IQ people."
    Michael W. Ferguson