FAQ Bipolaire

Philippe Gouillou - 1997 - Archive : Janvier 2017 - http://www.douance.org/bipolaire/frfaqhtm.html
Traduction de la BIPOLAR DISORDER FAQ (1996)

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Pour référence historique, la FAQ Bipolaire, qui a maintenant plus de 20 ans (!), est archivée ci-après.


FAQ BIPOLAR DISORDER - VERSION FRANCAISE

Traduction personnelle de http://www.moodswing.org/bdfaq.html

Note du Traducteur (N.D.T.) :

Rappel : ce texte date de 1996 !

  • La FAQ suivante est la traduction intégrale, sans aucun ajout, ni aucune suppression de la BIPOLAR DISORDER FAQ, copyrightée Barry CAMPBELL. Elle a été réalisée avec son autorisation.

  • J'ai fait tout mon possible pour ne modifier en rien le sens. Le lecteur est cependant informé que cette traduction est effectuée sans garantie : seul le document original en anglais pourra être opposé à un tiers.

  • Ce que je n'ai pas su traduire a été laissé en version originale, par sécurité.

  • Les ressources sur Internet et en librairie n'ont pas été traduites puisqu'elles ne correspondent qu'à des ressources en Anglais.

  • Les opinions exprimées par les auteurs ne sont pas forcément les miennes et ne m'engagent en rien.

  • On peut remarquer que certaines parties correspondent à la loi américaine, et ne sont pas applicables en France (notamment sur les personnels qualifiés).

  • Cette traduction ne remet en rien en cause le copyright des auteurs respectifs, tels qu'indiqués dans le disclaimer. Les conditions de reproduction qui y sont indiquées s'appliquent à cette traduction, nonobstant les précisions apportées au point suivant :

  • Cette traduction peut être référencée ou hébergée par tout site Web, aux conditions que 1. Ce document (cette note préliminaire y compris) ne soit en aucune manière tronqué, ou déformé

  1. La localisation de la version originale en anglais (http://www.moodswing.org/bdfaq.html) soit indiqué

  2. Cela soit fait à titre entièrement gratuit (aucune autorisation de vente),

  3. Que l'URL du site hébergeant ou référençant cette FAQ me soit communiqué (pg@bipolaire.org) ainsi qu'à Barry CAMPBELL (btc@concentric.net) ;

Principauté de Monaco, le 29 juin 1998
Philippe Gouillou


Version : 1.1

Mise à Jour : 25 Septembre 1996

Newsgroups : alt.support.depression.manic (ASDM) - soc.support.depression.manic (SSDM)

Mainteneurs : Barry Campbell (btc@concentric.net- http://webveranda.com/barry/ ) - Marco Anglesio (anglesio@cspo.queensu.ca - http://cspo.queensu.ca/~anglesio/)

Archives :http://www.moodswing.org/bdfaq.html - http://cspo.queensu.ca/~anglesio/faq


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Les définitions des troubles utilisées dans cette FAQ proviennent du DSM IV ("Diagnostic and Statistical Manual or Mental Disorders" 4° Edition, APA (American Psychiatric Association), 1994). Pour obtenir votre propre copie de ce manuel, ou toute autre publication de l'APA, contactez : American Psychiatric Association
1400 K Street, NW ; Suite 1101
Washington, DC 20005-2403
Phone : 1-800-368-5777 (M-F, 9 a.m.-5 p.m., EST)
Fax : 1-202-789-2648 http://www.appi.org

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TOUT CE QUI, DANS CETTE FAQ N'EST PAS EXPRESSEMENT COUVERT PAR UNE AUTRE NOTICE DE COPYRIGHT EST COPYRIGHTE 1996, TOUS DROITS RESERVES, SOUS LES LOIS DES USA ET LA CONVENTION DE BERNE PAR LE PREMIER MAINTENEUR, BARRY CAMPBELL (btc@concentric.net) L'AUTEUR DE TOUT CE QUI N'EST PAS ATTRIBUE EST REPUTE ETRE BARRY CAMPBELL DANS LE CADRE DE LA CONVENTION DE BERNE. CETTE FAQ NE PEUT PAS ETRE UTILISEE OU REPRODUITE SUR UN CD-ROM, IMPRIMEE, OU EDITEE SOUS QUELQUE AUTRE FORMAT SANS L'ACCORD ECRIT DE BARRY CAMPBELL.


SOMMAIRE

  1. Introduction et Remerciements aux Participants

  2. Historique et localisation des archives

  3. Définitions (DSM-IV et "Etendues")

    1. Qu'est-ce que le trouble bipolaire ?
    2. Qu'est-ce que la Dépression ?
    3. Qu'est-ce que la Manie ?
    4. Qu'est-ce que l'Hypomanie ?
    5. Quelle est la différence entre l'Euphorie et la Dysphorie ?
    6. Qu'est-ce qu'un état mixte ?
    7. Qu'est-ce que le Rapid-Cycling ?
    8. Que sont les illusions et hallucinations?
    9. Comment distinguer la dépression unipolaire du Trouble Bipolaire ?
    10. Qu'est-ce que la Cyclothymie?
    11. Qu'est-ce que le trouble Dysthymique ? (En Construction)
    12. Qu'est-ce que le trouble Schyzo-affectif ? (En Construction)
    13. Qu'est-ce que le trouble Affectif Saisonnier ? (En Construction)
    14. Comment distinguer tous ces troubles les uns des autres ? (En Construction)
  4. Comment puis-je me prendre le mieux en charge ?

    1. Comment puis-je évaluer mon propre état mental ?
    2. Quelles solutions thérapeutiques existent ?
    3. Comment puis-je trouver un bon médecin ?
    4. Quels sont les médicaments généralement utilisés ?
      1. Stabilisateurs d'humeur
        1. Lithium (Eskalith, Lithane, Lithobid, Lithonate, Lithotabs)
        2. Acide Valproic (Depakote, Depakene, Epival, (N.D.T. : En France : Dépamide))
        3. Carbamazepine (Tegretol)
      2. Antidepresseurs
        1. SSRIs
        2. Tricycliques
        3. IMAOs
        4. Autres ADs
          1. Wellbutrin
          2. Serzone
      3. .Antipsychotics
      4. Autres médicaments : benzodiazépines ou "tranquilisants mineurs"
    5. Quelles sont les thérapies alternatives, et sont-elles bonnes ?
    6. Comment puis-je payer tout ça ? (Assurances)
    7. Quels sont mes droits en tant que patient ?
    8. Quel sont mes droits en tant que bipolaire ?
    9. Comment le dire à mes (amis, famille, collègues) ? Le dois-je ?
    10. Organisations d'aide
  5. Comment puis-je aider un proche ?

    1. Que faire (et ne pas faire) quand quelqu'un que vous aimez est diagnostiqué
    2. Que faire (et ne pas faire) si vous soupçonnez quelqu'un que vous chérissez a besoin d'aide, mais se refuse à la rechercher
  6. Resources for education and support (NDT : Non traduit)

    1. Internet Resources
      1. Mailing Lists
      2. USENET Newsgroups
      3. World Wide Web Sites
    2. Books
    3. Magazine and Journal Articles
  7. Controversial Issues - making sense of them

    1. To drug, or not to drug?
    2. Should I participate in a study or other research program?
    3. How do I evaluate "alternative" therapies?
    4. Le Mouvement des Psychiatric Survivors'
    5. Critics of Psychiatry and Psychology
  8. Is there life (and hope) after diagnosis?

    1. Coping hints from readers and participants
    2. Research trends and directions

1.0 Introduction et Remerciements aux Participants

La FAQ Troubles Bipolaires (BD-FAQ) doit énormément à la FAQ du newsgroup alt.support.depression.manic.
Celle-ci a été initiée et était maintenue jusqu'à récemment par le PsyberNut/Bipolar (N.D.T. : Intraduisible : Psyber = Psy + Cyber ; Nut = fou ; Bipolar = Bipolaire)Bear/Scott (lsm@crl.com), et cette FAQ contient beaucoup de son travail original, le plus souvent tel quel ; en particulier les sections "liste la plus complète des symptômes" sont de lui. Nous reconnaissons notre énorme dette à Scott, et lui souhaitons tout ce qu'il peut vouloir de mieux.

De nombreux participants à alt.support.depression.manic (ASDM) et soc.support.depression.manic (SSDM) ont contribué directement ou indirectement au développement de cette FAQ, beaucoup plus encore l'ont lue, commentée et critiquée. Il en est de même pour les lecteurs et participants de la mailing-list du PENDULUM.

Quelques-uns, en particulier, doivent être distingués pour leurs contributions extraordinaires. Merci à :

  • Joy Ikelman (parrot@frii.com), qui nous a autorisé à piller ses "Media File", une excellente ressource pour trouver des informations et des références sur les troubles de l'humeur. Joy a aussi complètement réécris et mis à jour la section des définitions, basée sur le DSM-IV, et lu les premiers brouillons, nous donnant beaucoup de conseils très utiles tout au long de la rédaction.

  • Millie Niss (millie@gauss.math.brown.edu), pour sa contribution très bien documentée à la section sur les thérapies médicamenteuses.

  • Dr. Ivan K. Goldberg, M.D (psydoc@netcom.com) pour son autorisation à reproduire son "Goldberg Depression and Mania Scales".


2.0 Historique et localisation des archives

Ceci est la Version 1.1 de la Bipolar Disorder FAQ, mise à jour au 25 septembre 1996. Cette FAQ est envoyée périodiquement aux newsgroups alt.support.depression.manic et soc.support.depression.manic.

La version la plus récente de la FAQ peut toujours être trouvée sur le Web à : http://www.moodswing.org/faq.html (aux US)
et http://cspo.queensu.ca/~anglesio/faq (au Canada).

Nous recherchons toujours des personnes désireuses d'héberger la FAQ dans leur propre pays. Le Web EST international par définition, mais c'est toujours mieux de tomber sur un serveur proche, quand c'est possible. :-)

Elle est aussi disponible en FTP anonyme depuis : ftp://members.aol.com/bipolarfaq/public/


3.0 Définitions (DSM-IV et "Etendues")

Il y a beaucoup de troubles de l'humeur différents, et tous les étudier est au-delà des objectifs de cette FAQ.
Cette FAQ se concentre sur les troubles de l'humeur qui tendent à se caractériser par des "balancements d'humeur" : alternance de cycles d'humeur anormalement dépressive ou survoltée (maniaque). Vous êtes bien, vous êtes mal. Vous êtes au top, vous êtes au fond... et une partie (ou la plupart) du temps, vous êtes au milieu, essayant de comprendre ce qui vous est arrivé.

En lisant ces définitions, il peut être utile de concevoir le trouble bipolaire et les autres troubles associés comme inscrits tout au long d'un continuum d'affects, ou d'humeurs.

3.1 Qu'est-ce que le trouble bipolaire ?

Trouble Bipolaire est le terme médical pour la dépression maniaque, qui a aussi été connue comme trouble bipolaire de l'humeur, ou psychose maniaco-dépressive.

C'est un trouble de l'humeur qui affecte environ 1% de la population des USA (et environ le même pourcentage dans tous les autres pays, pour autant qu'on puisse le savoir :-)

C'est dans la même famille médicale (appelée "affective disorders") que la dépression clinique. Cependant, au contraire de la dépression médicale, qui semble atteindre beaucoup plus de femmes que d'hommes, le trouble bipolaire semble affecter les hommes et les femmes en proportions sensiblement équivalentes. Il est caractérisé par les variations d'humeur ("mood swings"). Bien qu'il n'existe encore aucun traitement curatif, la plupart des formes du trouble bipolaire sont hautement traitables par des médicaments et des psychothérapies de soutien.

La définition complète du Trouble Bipolaire est : un ou plusieurs épisodes Maniaques ou Hypomaniaques, accompagnés de un ou plusieurs Episodes Dépressifs Majeurs. Ces épisodes apparaissent typiquement en cycles. Tous ces termes seront définis complètement plus avant mais en vocabulaire usuel, une personne souffrant de trouble bipolaire sera sévèrement excitée par moments, sévèrement déprimée à d'autres moments, et entre les deux une partie (ou la plupart) du temps.

Il existe deux types principaux de troubles bipolaires :

  • Bipolarité I est la forme "classique" du trouble. Elle comprend le plus souvent des longues périodes de manie, espacée de longues périodes de dépressions, et vice-versa. Toutefois, la définition essentielle est dépression plus manie, ou états mixtes.

  • Bipolarité II comprend au minimum un épisode hypomaniaque et un épisode dépressif majeur, mais jamais d'épisode maniaque extrême ni de cyclothymie. La définition essentielle est dépression plus hypomanie.

Bien que les passages d'un état à un autre soient généralement graduels, ils peuvent aussi être très soudains. Les formes à "Cycle Rapide" du trouble comprennent 4 cycles complets ou plus en une année, et quelques "rapid-cyclers" peuvent compléter un cycle en quelques jours, voire (plus rarement) en quelques heures.

Il est aussi possible pour quelqu'un qui souffre d'un trouble bipolaire d'être dans un "état mixte". Cela signifie qu'ils sont dans une humeur qui présente certaines caractéristiques de la dépression, et certaines de la manie, ou de l'hypomanie.

Il existe quelques rares cas documentés de manie sans dépression, mais le DSM-IV ne comprend actuellement pas de catégorie pour juste la Manie. (Le diagnostic était présent dans le DSM-III mais est inexplicablement absent du DSM-IV). En utilisant le DSM-IV une personne montrant les symptômes d'un état maniaque sera presque toujours diagnostiquée comme bipolaire.

Le sentiment général qui prévaut dans la communauté médicale semble être celui que quoi que ce soit qui aille haut peut éventuellement chuter. Le DSM-IV et les définitions "étendues" de la dépression et de la manie sont présentées dans les sections qui suivent. Il est très important de se rappeler que :

Ces définitions ne constituent pas un guide d'autodiagnostic ! Personne ne doit présenter TOUS les symptômes de la dépression pour être déprimé, ni présenter TOUS les symptômes de la manie pour être maniaque.

3.2 Qu'est-ce que la Dépression ?

Critères d'un Épisode Dépressif Majeur (DSM-IV, p. 327) :

  • A. Au moins cinq des symptômes suivants ont été présents pendant une période d'au moins 2 semaines et représentent un changement par rapport au fonctionnement précédent ; au moins un des symptômes étant : - Humeur dépressive ou

  • Perte d'intérêt ou de plaisir
    Note : Ne pas prendre en compte les symptômes qui sont clairement dus à une condition médicale générale, ou à des illusions, ou à des hallucinations.

  • Humeur dépressive la plus grande partie de la journée, presque chaque jour, tel que constaté par des impressions subjectives (ex. sentiment de tristesse ou de vide) ou des observations faites par d'autres (ex. apparence larmoyante).
    Note : Chez les enfants et les adolescents, ce peut être une humeur irritable.

  • Nette diminution de l'intérêt ou du plaisir dans toutes, ou presque toutes, les activités du jour, presque tous les jours (comme indiqué par soit des impressions subjectives soit des observations faites par d'autres).

  • Perte significative de poids (hors régime) ou gain de poids (ex. un changement de plus de 5% du poids du corps en un mois), ou baisse ou augmentation de l'appétit presque tous les jours.
    Note : Chez les enfants, considérez les échecs à atteindre les gains de poids prévus.

  • Insomnie ou hypersomnie presque tous les jours

  • Agitation psychomotrice ou ralentissement presque tous les jours (observables par les autres, pas de simples impressions de nervosité ou de ralentissement)

  • Fatigue ou perte d'énergie presque tous les jours

  • Sentiments d'inutilité ou culpabilité excessive ou inadaptée (qui peut être due à une illusion) presque tous les jours (pas seulement des reproches à soi-même ou une culpabilité d'être malade)

  • Diminution de la capacité à penser ou à se concentrer, ou indécision, presque tous les jours (comme indiqué par soit des impressions subjectives soit des observations faites par d'autres)

  • Pensées récurrentes de mort (pas juste la peur de mourir), idées récurrentes de suicides sans plan spécifique, ou tentative de suicide, ou plan spécifique pour commettre le suicide

  • B. Les symptômes ne correspondent pas à ceux d'un épisode mixte.

  • C. Les symptômes causent des détresses ou des affaiblissements cliniquement signifiants dans la vie sociale, les occupations, ou autres aires importantes de fonctionnement. D. Les symptômes ne sont pas dus aux effets physiologiques directs d'une substance (ex. abus de drogue, médicament) ni à une situation de santé générale (ex. Hypothyroïdisme)

  • E. Les symptômes ne sont pas mieux explicables par un deuil ou une perte, i.e. : après la perte d'un être aimé les symptômes persistent plus de deux mois ou sont caractérisés par des faiblesses fonctionnelles marquées, des préoccupations morbides avec perte d'intérêt, idées suicidaires, symptômes psychotiques, ou ralentissement psychomoteur.

Bref, l'APA nous donne là un bon point de départ, mais peut-être un peu trop clinique. Voici une liste plus complète des symptômes de dépression que nos lecteurs et participants ont identifiés :

  • Baisse de l'intérêt dans les activités (comme écrire des FAQs)
  • Indécision (peut-être)
  • Sentiment de tristesse, d'être malheureux, ou blues (certitude pernicieuse que la vie ne vaux rien)
  • Irritabilité
  • Dormir trop (hypersomnie) ou pas assez
  • Perte de, hum, de quoi parlions-nous ? Ah oui, concentration
  • Augmentation ou perte d'appétit (malgré la cuisine de mon ex-belle-mère)
  • Perte d'estime de soi, comme ma prise de conscience que je ne vaut rien
  • Baisse du désir sexuel
  • Problèmes de, comment ça s'appelle ? Ah oui, mémoire
  • Désespoir
  • Pensées suicidaires
  • Baisse des sentiments de plaisir
  • Sentiments de culpabilité, qui sont entièrement ma faute de toute façon
  • Crises de larmes non contrôlées et/ou sans raison apparente
  • Sentiment d'impuissance, contre lesquels je ne peux rien d'ailleurs
  • Nervosité, spécialement quand je n'arrive pas à me calmer
  • Sentiment de désorganisation (regardez mon bureau)
  • Difficulté à finir des choses (encore, comme finir cette FAQ)
  • Manque d'énergie, sensation de fatigue
  • Autocritique
  • Bouger et penser doooouuuuuuceeeeement
  • Sensation d'engourdissement, que sa propre tête est dans le brouillard
  • Souffrances émotionnelles ou physiques
  • Inquiétudes hypocondriaques, peurs, ou maladies qui prouvent ensuite avoir été psychosomatiques
  • Sensation d'être mort ou détaché
  • Illusions de culpabilité, ou de pauvreté financière
  • Hallucinations

3.3 Qu'est-ce que la Manie ?

Critères distinctif d'un Épisode Maniaque (DSM-IV, p. 332)

  • A. Une période marquée d'humeur anormalement et continûment élevée, expansive ou irritable, durant au moins 1 semaine (ou toute durée si l'hospitalisation est nécessaire)

  • B. Pendant cette période, au moins trois des symptômes suivants ont persisté (4 si l'humeur est seulement irritable) et ont été présents à un degré signifiant :

    1. Estime de soi surdéveloppée ou grandiosité
    2. Baisse du besoin de sommeil (ex. Se sentir reposé après seulement 3 heures de sommeil)
    3. Plus parlant que d'habitude ou tentatives de conserver la parole
    4. Envolée d'idées ou impression subjective que les pensées courent
    5. Distraction (i.e. attention trop facilement détournée par des stimuli externes non importants ou hors du sujet)
    6. Augmentation des activités orientées (soit sociales, soit au travail, à l'école, ou sexuellement) ou agitation psychomotrice
    7. Implication excessive dans les activités agréables qui présentent un risque important (ex. s'engager dans des achats non contrôlés, indiscrétions sexuelles, ou investissements risqués)
  • C. Les symptômes ne correspondent pas à ceux d'un Episode Mixte.

  • D. La perturbation de l'humeur est suffisamment sévère pour provoquer une détérioration marquée des occupations usuelles, ou des activités sociales ou relationnelles ou pour nécessiter une hospitalisation pour prévenir des lésions personnelles ou aux autres, ou caractéristiques psychotiques.

  • E. Les symptômes ne sont pas dus aux effets physiologiques directs d'une substance (ex. abus de drogue, médicament) ni à une situation de santé générale (ex. hyperthyroïdisme).
    Note : Des épisodes proches de la manie qui sont clairement provoqués par des traitements antidépresseurs somatiques (médicaments, thérapie électroconvulsive, thérapie par la lumière) ne doivent pas être pris en compte pour un diagnostic de Bipolarité I.

Une fois de plus, l'APA nous donne un bon point de départ pour étudier la manie, mais le vocabulaire est horriblement cliniques. En voici une version en vocabulaire usuel, avec quelques exceptions :

  • Baisse du besoin de sommeil
  • Nervosité
  • Se sentir plein d'énergie
  • Distraction (qu'est-ce que c'était ?)
  • Accroissement des bavardages
  • Pensée créative
  • Augmentation des activités
  • Sentiment d'exaltation
  • Rires inapropriés
  • Humeur inapropriée
  • Pensée sur-rapide
  • Discours rapide, sous pression that you can teach, eating a peach, while on a beach
  • Jugement erroné
  • Augmentation des pensées ou croyances religieuses
  • Sentiment de joie de vivre
  • Pensées rapides which can't be taught, and can't be bought, although they ought, you might get caught.
  • Irritabilité (encore !)
  • Excitabilité
  • Comportements inadaptés
  • Comportements impulsifs
  • Augmentation de la sexualité (aussi connue comme "platoon-of-Marines-on-shore-leave syndrome")... ou "clang associations" (les associations de mots basées sur leurs sons, une explication possible du fait que tant de poètes sont bipolaires, et aussi pourquoi nous avons "pun fun" (N.D.T. : pun = jeu de mot)
  • Baisse d'intérêt dans le sexe, ou toute autre activité interpersonnelle, due à l'intérêt obsessif dans d'autres sujets ou activités
  • Estime de soi sur-gonflée (OK, prouvez-moi que je ne suis pas la plus grande autorité du monde !)
  • Extravagance financières
  • Idées grandioses
  • Perceptions intensifiées
  • Hallucinations bizarres
  • Désorientation.
  • Pensées Disjointes
  • Discours incohérents
  • Paranoïa, illusions d'être persécuté
  • Comportement violent, irritabilité
  • Insomnie sévère
  • Forte perte de poids
  • Epuisement

3.4 Qu'est-ce que l'Hypomanie ?

Hypomanie signifie, littéralement, "manie légère".

Il est parfois difficile de marquer une frontière précise entre la manie et l'hypomanie comme des déficiences marquées sont nécessairement des évaluations subjectives. Aussi, une des raisons pour lesquelles les troubles bipolaires sont souvent diagnostiqués tardivement est peut-être que les épisodes hypomaniaques sont souvent regardés comme des variations normales d'humeur chez des adolescents et des jeunes adultes. Les caractéristiques de la manie sont présentes dans les épisodes hypomaniaques, sauf que les illusions n'y sont jamais, et que tous les autres symptômes sont généralement moins sévères qu'ils ne le seraient dans un épisode maniaque.

Critères distinctifs d'un Episode Hypomaniaque (DSM-IV, p. 338)

  • A. Une période distincte d'humeur continûment élevée, expansive ou irritable, ayant une durée minimale de 4 jours, qui est clairement différente de l'humeur non dépressive habituelle.

  • B. Pendant cette période de trouble de l'humeur, au moins 3 des symptômes suivants ont persisté (4 si l'humeur est seulement irritable) et ont été présent à un degré significatif :

    1. Estime de soi surdéveloppée ou grandiosité
    2. Baisse du besoin de sommeil (ex. Se sentir reposé après seulement 3 heures de sommeil)
    3. Plus parlant que d'habitude ou tentatives de conserver la parole
    4. Envolée d'idées ou impression subjective que les pensées courent
    5. Distraction (i.e. attention trop facilement détournée par des stimuli externes non importants ou hors du sujet)
    6. Implication excessive dans les activités agréables qui présentent un risque important (ex. s'engager dans des achats non contrôlés, indiscrétions sexuelles, ou investissements risqués)
  • C. L'épisode est associé à un changement non équivoque du fonctionnement de la personne, par rapport à son attitude hors symptômes.

  • D. Le trouble d'humeur et les changements d'attitude sont observables par les autres.

  • E. L'épisode n'est pas assez sévère pour engendrer une inadaptation marquée dans l'attitude sociale ou professionnelle, ou pour nécessiter une hospitalisation, et il n'y a pas de caractéristiques psychotiques.

  • F. Les symptômes ne sont pas dus aux effets physiologiques directs d'une substance (ex. abus de drogue, médicaments, ou autre traitement), ni à la situation générale de santé (ex. hyperthyroïdie).
    Note : Les épisodes semblant hypomaniaques mais clairement dus à des traitements antidépresseurs somatiques (ex. médicaments, thérapie électrovonvulsive, thérapie par la lumière), ne devrait pas être pris en compte dans un diagnostic de Bipolarité II.


3.5 Quelle est la différence entre l'Euphorie et la Dysphorie ?

Il existe deux types fondamentaux de manie (ou hypomanie) : l'euphorique et la dysphorique. Chacun peut expérimenter les deux types quand il souffre de trouble bipolaire.

Dans l'euphorie, on est au sommet, en amour avec le monde, un avec le monde, se sentant une énergie sans borne, parlant 1 Km à la minute, l'esprit est en course permanente, trompé par des pensées grandioses, etc. Ce genre de manie est généralement celui qui est décrit dans la littérature populaire.

La dysphorie est un autre type de manie. Dans la dysphorie, on est aussi au sommet, mais dans un sens différent : agité, destructeur, plein de rage, parlant 1 Km à la minute, l'esprit est en course permanente, trompé par des pensées grandioses, paranoïdes, pleines d'anxiété, sujet aux paniques. De plus, la dysphorie peut aussi survenir lors d'épisodes dépressifs : c'est ce que l'on désigne généralement comme des "épisodes mixtes". Ces états mixtes sont très dangereux ; des idées suicidaires les accompagnent souvent.

Quelle est la différence entre la dépression agitée et la manie (ou l'hypomanie) dysphorique ?
Dr Ivan Goldberg (psydoc@netcom.com) explique : "While folks in an agitated depression show increased motor activity, they never show increased sociability, increased creative thinking, joking and punning that may be seen in someone experiencing a dysphoric (hypo)manic state."
"Quand des personnes en agitation dépressive montrent une activité motrice accrue, ils ne montrent jamais la sociabilité, l'accroissement de la pensée créative, la tendance au jeu et au calembour qui peuvent apparaître chez quelqu'un en phase dysphorique (hypo)maniaque."

3.6 Qu'est-ce qu'un état mixte ?

Critères distinctifs d'un Episode Mixte (DSM-IV, p. 335)

  • A. Les critères d'un Episode Maniaque et d'un Episode Dépressif Majeur (excepté la durée) se retrouvent presque tous les jours pendant une durée d'au moins 1 semaine.

  • B. La perturbation de l'humeur est suffisamment sévère pour causer une inadaptation marquée dans les attitudes sociales ou relationnelles, ou pour nécessiter une hospitalisation préventive pour éviter des lésions à soi ou aux autres, ou il y a des caractéristiques psychotiques.

  • C. Les symptômes ne sont pas dus aux effets physiologiques directs d'une substance (ex. abus de drogue, médicaments, ou autre traitement), ni à la situation générale de santé (ex. hyperthyroïdie).

Commentaires : Il s'agit peut-être d'un domaine où la définition du DSM-IV est trop étroite. Beaucoup de lecteurs et de participants aux listes ADSM et SSDM ont reporté leurs expériences d'état mixtes avec des caractéristiques hypomaniaques mais pas complètement maniaques.

3.7 Qu'est-ce que le Rapid-Cycling ?

N.D.T. : Je n'ai pas actuellement la traduction médicale du terme "Rapid-Cycling". Cela sera corrigé dès que possible.

La forme "rapid-cycling" du trouble bipolaire se caractérise par au moins 4 cycles d'humeur complets en une année, et certains "rapid-cyclers" peuvent compléter un cycle en quelques jours ou, plus rarement en heures. Les études montrent que les femmes sont plus sujettes que les hommes à être diagnostiquées comme des "rapid-cyclers".

3.8 Que sont les illusions et hallucinations?

Qu'est-ce que les illusions ?
Les illusions sont, en général, des "fausses croyances".

Le DSM-IV (p. 763) définit une illusion comme une fausse croyance basée une fausse déduction à propos de la réalité extérieur qui est fermement soutenue malgré ce que presque tout le monde croit et malgré ce qui constitue des preuves évidentes et non controversées du contraire. Les personnes en phase maniaque ou dépressive peuvent avoir des illusions. Certaines peuvent être des illusions de référence, où les individus ressentent que les autres, les objets ou les événements ont une signification particulière et inhabituelle. Ils peuvent aussi vivre des illusions de grandeur, ou de persécution (comme la paranoïa). Il est important de remarquer que les illusions doivent être diagnostiquées en prenant en compte les facteurs cultures, sociaux et religieux. Croire que l'on est en communication directe avec Dieu, par exemple, peut être soit une illusion, soit l'expression d'un certain type de foi religieuse :-)

Les bipolaires peuvent-ils avoir des hallucinations ?
Très certainement. Le DSM-IV (p.766) définit une hallucination comme : Une perception sensorielle qui présente tous les signes de réalité d'une vraie perception, mais qui arrive sans stimulation externe du capteur sensoriel correspondant. Les hallucinations doivent être distinguées des illusions, dans lesquelles un stimulus externe réel est mal perçu, ou mal interprété. Certaines personnes sont conscientes d'avoir des hallucinations, d'autres non. La plupart des bipolaires comprennent que les hallucinations ne sont pas une perception réelle de la réalité. Cependant, cette compréhension ne les protège pas de leur apparition.

Quels types d'hallucinations ?
Les hallucinations peuvent survenir pour n'importe lequel des sens : auditif (par exemple, entendre des voix ou de la musique) ; gustatif (par exemple des mauvais goûts) ; olfactifs (par exemple des odeurs désagréables) ; somatiques (par exemple une sensation d'électricité) ; tactiles (par exemple la sensation d'être touché ou ""skin crawling" sensations") ; visuelles (par exemple flashs de lumière, couleurs, images sur la périphérie).

3.9 Comment distinguer la dépression unipolaire du Trouble Bipolaire ?

Si la personne considérée est connue pour avoir vécu un simple épisode maniaque ou hypomaniaque, alors il n'y a plus de question, le diagnostique sera de bipolarité (ou, dans le cas d'hypomanie, peut-être de cyclothymie).

Si la personne en question est actuellement en dépression, et que son histoire n'est pas connue, ou incomplète, les éléments suivants du Dr Ivan Goldberg peuvent être utiles : les éléments qui peuvent faire suspecter la bipolarité chez un patient diagnostiqué comme unipolaire sont :

  • Dors trop en période dépressive
  • Mange trop en période dépressive
  • Un antécédent familial de bipolarité
  • Un patient qui peut rire et s'amuser même en période dépressive
  • Quiconque avec un passé d'épisodes dépressifs fréquents (rapidly cycling unipolar disorder)
  • Succès en tant que vendeur, politicien ou acteur (à l'école ou dans le monde réel)
  • Sensibilité extrême au refus
  • Un diagnostic précédent de bipolarité ou une prise de Lithium (sauf en tant que potentialisateur d'antidépresseur)

Bien sûr, un unipolaire peut toujours dormir trop, les dépressions unipolaires ou bipolaires apparaître plus ou moins tôt dans une vie, etc. Ce sont des indications, pas des règles figées (hard-and-fast rules).

3.10 Qu'est-ce que la Cyclothymie?

Critères de diagnostic pour le trouble Cyclothymique (DSM-IV, p. 365)

  • A. Pendant une durée d'au moins 2 ans, la présence de nombreuses périodes présentant des symptômes hypomaniaques et nombreuses périodes avec des symptômes dépressifs non constitutifs d'un épisode dépressif majeur.
    Note : Chez les enfants et adolescents, la durée doit être au minimum de 1 an.

  • B. Pendant cette période de 2 ans (1 an chez les enfants et adolescents), la personne n'a pas connu de période supérieur à deux mois où elle n'a présenté aucun des symptômes décrits au Critère A.

  • C. Aucun épisode dépressif majeur, épisode maniaque ou mixte n'a été vécu pendant les 2 premières années du trouble. Note : Après ces 2 ans initiaux (1 an chez les enfants et adolescents) de trouble cyclothymique, il peut y avoir des épisodes Maniaques ou mixtes en plus (dans ce cas, la Bipolarité I et la Cyclothymie peuvent être diagnostiquées à la fois) ou des épisodes dépressifs majeurs (dans ce cas la Bipolarité II et la Cyclothymie peuvent être diagnostiquées à la fois).

  • D. Les symptômes décrits en A ne seraient pas mieux décrits par des troubles Schizo-affectifs, et ne sont pas superposés à la Schizophrénie, aux troubles Schizophrénéiformes, aux troubles d'illusions, ou autres troubles psychotiques.

  • E. Les symptômes ne sont pas dus aux effets physiologiques directs d'une substance (ex. abus de drogue, médicaments, ou autre traitement), ni à la situation générale de santé (ex. hyperthyroïdie).

  • F. Les symptômes causent des détresses cliniquement significatives ou une déficience dans le fonctionnement social, professionnel ou dans une autre partie importante du fonctionnement.

3.11 Qu'est-ce que le trouble Dysthymique ?

En Construction

3.12 Qu'est-ce que le trouble Schyzo-affectif ?

En Construction

3.13 Qu'est-ce que le trouble Affectif Saisonnier ?

En Construction

3.14 Comment distinguer tous ces troubles les uns des autres ?

En Construction


4.0 Comment puis-je me prendre le mieux en charge ?

Si vous êtes diagnostiqués bipolaires, vous n'aurez probablement aucun manque de gens (Docteurs, Membres de la famille, Membres de groupes de support) qui vous donneront des conseils, que vous le leur demandiez ou non :-)

Et maintenant nous voici, en ligne derrière tous ces gens. Les conseils que nous présentons sont GENERAUX. Chaque patient est un individu unique, avec sa réponse individuelle et son chemin unique : utilisez votre meilleur jugement et le bon sens pour déterminer si ces conseils sont bons pour vous.

Cela dit : la ligne de conduite la plus importante pour prendre soin de soi est d'établir une bonne relation thérapeutique avec un ou plusieurs médecins : un psychiatre ou un psychopharmacologue pour la thérapie médicamenteuse, et, si vous préférez ne pas passer par cette personne pour des formes plus traditionnelles de thérapies mais voulez un professionnel à qui parler, un psychologue diplômé, un travailleur social, ou un conseiller licencié (N.D.T.. Ne correspond pas à la loi Française.)

Le trouble bipolaire constitue une maladie chronique qui dure toute la vie. Il ne peut pas être guéri, mais dans quasiment tous les cas il peut être géré jusqu'à un certain point.

Voici quelques autres conseils, qui appartiennent le plus souvent au sens commun, mais qui méritent d'être répétés (et s'il vous plaît, souvenez-vous que ces conseils sont GENERAUX, et que chacun est unique (votre kilométrage peut varier !) :

  • Prenez en charge votre propre bien-être.
    Vous pouvez bénéficier de la meilleure équipe médicale sur "votre cas", mais si vous n'acceptez pas d'abord que vous souffrez d'une maladie chronique, et ne prenez pas la responsabilité de faire ce qu'il faut pour la gérer, vous gâchez votre temps et votre argent. Evidemment, si vous êtes au beau milieu d'une phase dépressive incapacitante ou d'une phase maniaque, cela peut être difficile, voire impossible, et quelqu'un d'autre peut (temporairement) prendre en charge vos décisions. Aussi, chacun répond de façon différente aux médicaments et thérapies. Mais en général, souvenez-vous : vous êtes le chef, vous êtes celui qui commande le tir et décide quelles ressources utiliser (ou non). Le point clé à retenir est qu'il y a ENORMEMENT d'aide partout si vous voulez prendre les choses en charge, mais c'est à vous de décider de la chercher, et c'est à vous vous avez de décider quels engagements vous allez prendre pour votre santé.

  • Travaillez avec votre Médecin, pas contre lui
    Et insistez pour qu'il travaille avec vous. Il est vital que vous soyez capable de communiquer avec les docteurs et les professionnels de santé que vous choisissez en tant que ressource. Si vous n'être pas à l'aise pour parler avec quelqu'un ou s'il ne vous écoute pas, cherchez un autre thérapeute. Il est vital que vous et votre (vos) docteur(s) vous écoutez et vous respectez l'un l'autre.

  • Développer une mentalité de survie
    Quelques-uns d'entre nous qui commencons un traitement médicamenteux contre la bipolarité sont très asymptomatiques par la suite, en d'autres termes nous ne connaissons plus jamais d'embrasement. Certains d'entre nous semblent ne jamais répondre positivement à AUCUNE tentative. La plupart d'entre nous se situent entre ces deux extrêmes, nous avons une sorte de contrôle sur notre bipolarité, mais nous connaissons toujours des hauts et des bas, et avons toujours des moments difficiles à endurer. Une "mentalité de survie" signifie, d'abord et avant tout, de décider qu'il y a une vie après le diagnostic. Apprendre que vous avez une situation médicale qu'il vous faudra gérer en toute probabilité tout au long de votre vie peut provoquer un choc majeur ! Reconnaissez qu'il y a véritablement des millions de gens autour du monde vivant avec ce trouble, que vous n'êtes pas seuls, et qu'il y a beaucoup de ressources disponibles pour vous aider.

    Ensuite, cela signifie que quand les temps SONT durs, vous faites ce qu'il faut pour le gérer. Dans les cas extrêmes, cela peut impliquer d'aller volontairement de vous-même dans un hôpital pour un contrôle. Ce n'est pas une expérience que la plupart des gens voudrait vivre, mais quand ça va vraiment mal, ça peut littéralement vous sauver la vie.

    Retenez : votre premier objectif est de survivre, de prendre soin de vous-même. Votre deuxième objectif pourrait être de contribuer autant que possible à la vie de vos amis, votre famille, des personnes que vous aimez, de vos collègues, etc. ou il pourrait être quelque chose de complètement différent. Mais si vous ne remplissez pas le premier objectif, les autres deviennent complètements inutiles.

  • Devenez conscient de vos états d'humeur.
    Au premier coup d'oeil, cela semble véritablement une stupidité. Si vous êtes déprimé, vous le savez horriblement bien que vous vous sentez au plus mal ! mais vous pouvez ne pas identifier la dépression comme la cause à ce moment. L'hypomanie et la manie peuvent être plus difficile à reconnaître quand elle vous arrive, mais si vous accumulez de l'expérience à gérer ce trouble, vous deviendrez plus sensibles à vos états d'humeur et à leurs cycles. Si vous devenez plus conscients de vos états d'humeurs, vous arriverez peut-être à en identifier les tendances plus tôt et donc mieux gérer les problèmes potentiels. Beaucoup de bipolaires tiennent à jour un graphique de leurs humeurs, sur un agenda ou un calendrier ; cela les aide à mieux comprendre leurs cycles, et peut aussi leur fournir des indices sur des éventuels déclencheurs externes, qu'ils occasionnent les problèmes ou qu'ils les augmentent. Par exemple, si vous remarquez que votre humeur est généralement meilleure un jour ou deux après vous être dépensé physiquement vigoureusement, vous pouvez intégrer l'exercice régulier comme une partie de votre stratégie … ou si vous remarquez que vous êtes particulièrement déprimé après une certaine activité ou après avoir mangé ou bu telle nourriture ou telle boisson, vous pouvez considérer de limiter ce genre de chose. Un moyen simple de noter ses humeurs est de se choisir une sorte d'échelle numérique arbitraire. Disons que "1" est le fond de la dépression, "5" est "normal", quoique cela signifie, et "10" est le top de la phase maniaque. Quelque chose d'aussi simple que de gribouiller chaque jour, à peu près à la même heure, un nombre reflétant votre propre perception de votre humeur peut vous donner des informations très importantes sur la durée et la qualité de vos cycles.

    Beaucoup de bipolaires "contractent" avec des amis de confiance ou des membres de la famille, ils mettent en place des moyens permettant à ces autres de les prévenir, d'une approche amicale, non menaçante, s'ils ressentent un début de dépression ou de manie (ou hypomanie).

    Enfin, souvenez-vous que même en souffrant d'un trouble de l'humeur, vous êtes toujours enclin à la mauvaise humeur ordinaire ! Si vous vous réveillez d'un mauvais pied, ça peut être le précurseur d'une dépression sérieuse, ou juste d'une mauvaise journée. Si vous vous réveillez en vous sentant le roi du monde, vous êtes peut-être en début de phase (hypo)maniaque, ou c'est juste que vous allez vivre, hum, un bon jour ;-)

    Surveillez les tendances générales au cours du temps, et n'essayez pas de vous observer à travers un microscope ou de vous obséder sur les détails ;-)

  • Structurez votre vie autant que possible
    Sans en devenir fanatique, beaucoup de bipolaires trouvent que suivre un rythme le plus régulier possible de repas, sommeil, etc. les aide à stabiliser leur humeur. Une privation de sommeil PEUT (c'est prouvé) engendrer une phase (hypo)maniaque, par exemple.

  • Informez-vous sur cette maladie.
    L'ignorance et la peur sont les Grands Ennemis. Renseignez-vous sur votre condition. Au minimum, connaissez votre diagnostique et les symptômes, et sachez quels médicaments vous prenez et quels en sont les éventuels effets secondaires.

  • Faites de l'exercice régulièrement et vigoureusement
    si vous le pouvez physiquement. Beaucoup de lecteurs et participants à ASDM et SSDM disent que l'exercice régulier les aides véritablement à se stabiliser (N.D.T. : helps them stay on an even keel).

  • Evitez les stimulants et dépresseurs artificiels
    Si quelques bipolaires supportent la caféine (stimulant) et l'alcool (dépresseur) modérément, ces substances peuvent toutes deux interagir méchamment avec vos médicaments, l'alcool surtout. Quelques-uns préfèrent éviter complètement ces substances. Si vous ALLEZ BOIRE du Scotch et du café (si possible pas en même temps !) soyez sûr que votre médecin le sait, et que vous n'allez pas subir des interactions médicamenteuses désagréables … et rappelez-vous que la modération, comme dans beaucoup de choses, est importante, et que l'abstinence peut être le meilleur choix.

  • Validez le support de la famille et des amis.
    L'importance de bénéficier d'une bonne structure de soutient ne peut pas être surestimée. Malheureusement, il arrive que les proches ne puissent pas supporter l'idée d'une personne aimée avec une "maladie mentale". C'est généralement du à l'ignorance et à la peur, et ces personnes peuvent souvent être éduquées. Si vous connaissez des gens en qui vous pouvez avoir confiance, faîtes leur savoir ce qui se passe.

  • Adhérez à un groupe de soutient
    Voyez dans la Section "Ressources" de la FAQ comment trouver dans le "monde réel" un groupe de support proche de chez vous … mais ne négligez pas non plus les ressources on line ;-)

4.1 Comment puis-je évaluer mon propre état mental ?

Q : Comment puis-je déterminer si je suis déprimé ou juste de mauvaise humeur ?

A : Fréquemment, notre état dépressif apparaîtra plus évident aux autres qu'à nous-mêmes. Avoir un jugement déformé fait partie du trouble, aussi il n'est pas rare que notre famille ou nos proches reconnaissent les symptômes avant nous. Cette section et la suivante contiennent The Goldberg Mood Scales, by Dr Ivan K. Goldberg, M.D. (Echelles d'Humeur de Goldberg). Elles sont reproduites avec sa permission.

Ces échelles NE SONT PAS destinées à diagnostiquer quoique ce soit. Elles ne sont pas non plus destinées à remplacer l'examen d'un psychiatre qualifié. Leur objectif est juste de mesurer la sévérité des symptômes dépressifs et/ou maniaques, et ainsi d'aider le lecteur à décider d'une éventuelle évaluation psychiatrique. The Goldberg Depression Scale, ci-dessous, est un questionnaire auto-administré qui a pour but de mesurer la sévérité des pensées et comportements dépressifs.

Goldberg Depression Scale --------------------Copyright (c) 1993 Ivan Goldberg

Name______________________________________ Date__________________________

Les items ci-dessous correspondent à comment vous vous êtes sentis et vous êtes comportés PENDANT LA SEMAINE PASSEE.
Pour chaque item, indiquez dans quelle mesure il correspond à votre situation, en notant de 1 à 5 suivant l'échelle suivante :

  • 0 = Pas du tout
  • 1 = Juste un peu
  • 2 = Quelque part oui
  • 3 = Modérément
  • 4 = Beaucoup
  • 5 = Extrêmement

==========================================================================

  1. Je fais les choses doucement
  2. Mon futur me semble bouché
  3. J'ai du mal à me concentrer sur la lecture
  4. Le plaisir et la joie sont sortis de ma vie
  5. J'ai du mal à prendre des décisions
  6. J'ai perdu de l'intérêt dans des choses de la vie qui étaient importantes pour moi
  7. Je me sens triste, déprimé et malheureux
  8. Je me sens agité et n'arrête pas de bouger
  9. Je me sens fatigué
  10. Ca me prend beaucoup d'efforts de faire quelque chose
  11. Je me sens suffisamment coupable pour mériter une punition
  12. Je me sens en échec
  13. Je me sens sans vie, plus mort que vivant
  14. Mon sommeil a été changé, je dors trop, pas assez, ou mal
  15. Je passe du temps à me demander COMMENT je pourrais me tuer
  16. Je me sens piégé ou coincé
  17. Je me sens déprimé même quand de bonnes choses m'arrivent
  18. Sans changement diététique, j'ai gagné, ou perdu, du poids.

Un score de 15 ou plus indique la possibilité du besoin d'une évaluation psychiatrique.

Copyright (c) 1993 Ivan Goldberg

Q : Comment puis-je déterminer si je suis en phase maniaque ou juste inhabituellement joyeux ?

A : Tout comme pour la dépression, il est fréquemment plus évident pour notre entourage de détecter notre entrée en phase (hypo)maniaque, que ce ne l'est pour nous. Un jugement faussé fait autant partie de la manie que de la dépression, et il n'est pas inhabituel que qui que ce soit en phase maniaque ne se croit juste bien parce que sa dépression est enfin finie. Les amis et la famille peuvent généralement faire la différence assez facilement, quoiqu'en convaincre le patient puisse être une autre paire de manche. Cette section, comme la précédente, comprend une des Goldberg Mood Scales by Dr Ivan K. Goldberg, M.D.

Ces échelles NE SONT PAS destinées à diagnostiquer quoique ce soit. Elles ne sont pas non plus destinées à remplacer l'examen d'un psychiatre qualifié. Leur objectif est juste de mesurer la sévérité des symptômes dépressifs et/ou maniaques, et ainsi d'aider le lecteur à décider d'une éventuelle évaluation psychiatrique.

Goldberg Mania Scale ---------------Copyright (c) 1993 Ivan Goldberg

Name_________________________________________ Date_______________________

Les items ci-dessous correspondent à comment vous vous êtes sentis et vous êtes comportés PENDANT LA SEMAINE PASSEE. Pour chaque item, indiquez dans quelle mesure il correspond à votre situation, en notant de 1 à 5 suivant l'échelle suivante :

  • 0 = Pas du tout
  • 1 = Juste un peu
  • 2 = Quelque part oui
  • 3 = Modérément
  • 4 = Beaucoup
  • 5 = Extrêmement

==========================================================================

  1. Mon cerveau n'a jamais été aussi puissant
  2. J'ai moins besoin de sommeil que d'habitude
  3. J'ai tellement de nouveaux plans et de nouvelles idées qu'il m'en devient difficile de travailler
  4. Je ressens le besoin de parler et parler encore
  5. J'ai été très heureux
  6. J'ai été plus actif que d'habitude
  7. Je parle si vite que les gens ont du mal à me suivre
  8. J'ai plus de nouvelles idées que ce que je peux gérer
  9. J'ai été irritable
  10. Il m'est facile de penser à des blagues ou à des histoires drôles
  11. Je me suis senti comme le boute en train
  12. J'ai été plein d'énergie
  13. J'ai pensé au sexe
  14. Je me suis senti très joueur
  15. J'ai des plans spéciaux pour le monde
  16. J'ai dépensé beaucoup d'argent
  17. Mon attention continue de sauter d'une idée à l'autre
  18. Il m'est difficile de ralentir et de rester en place

Un score de 20 ou plus suggère le besoin possible d'une évaluation par un Psychiatre.

Copyright (c) 1993 Ivan Goldberg

4.2 Quelles solutions thérapeutiques existent ?

En Construction

4.3 Comment puis-je trouver un bon médecin ?

En Construction

4.4 Quels sont les médicaments généralement utilisés ?

Tout d'abord, nous commencerons cette section avec une excellente introduction, écrite par Joy Ikelman (parrot@frii.com), avec des ajouts du Dr Ivan Goldberg (psydoc@netcom.com) : 10 petites choses que j'ai apprises à propos des thérapies médicamenteuses

  1. Nous croyons ce que nous voulons croire (et pas seulement sur ce sujet)

  2. Nous bipolaires savons comment c'est que d'être sous médicament, malgré tout ce que les médecins peuvent dire à propos de comment nous "devrions" nous sentir. Les effets secondaires sont souvent plus complexes et plus difficile à supporter que ce qu'en disent les labos.

  3. Nous bipolaires savons que les cycles peuvent refaire surface malgré les meilleurs médicaments, même si les médecins disent qu'ils "devraient" être complètement stabilisés. Très souvent nous préférons rester tranquilles lors de ces brèches, de peur que le médecin n'augmente nos doses ou nous hospitalise. (Voir Item 2).

  4. Nous espérons tous être le chanceux dans cette merde de médication. Au début, nous sommes optimistes. Peut-être que si nous avons juste la bonne combinaison de médicaments, juste le dosage qu'il faut, juste le bon médecin et juste la bonne attitude, alors peut-être quelque chose fonctionnera tout juste...

  5. Certaines combinaisons marchent mieux que d'autres. Il faut les essayer en premier.

  6. De toute façon, il n'existe pas de formule magique efficace pour tous. C'est surtout des essais et des échecs (hit and miss). Donc, si quelque chose marche, n'en changez pas.

  7. Et après, quand nous avons trouvé la bonne combinaison, elle peut fonctionner merveilleusement bien pendant 30 ans et plus, et puis ne plus marcher du tout, et il faut recommencer la recherche. Nous espérons juste qu'à ce moment quelque chose de nouveau et très efficace sera disponible.

  8. La bipolarité ne se soigne pas. Les stabilisateurs d'humeurs sont juste un moyen de faire avec la maladie. Jetez les médicaments, et pour la plupart les cycles reviendront en pleine force, parfois pires.

  9. Nous avons tous une vision différente de ce qui nous suffira comme résultat du traitement. Certains ne se contenteront de rien de moins que de la suppression de tous les cycles. D'autres se contenteront d'un peu de cycles, et apprendront à vivre avec par d'autres moyens. Certains supporteront les cycles, à la condition que les phases maniaques ou dépressives ne soient pas trop fortes.

  10. Le traitement médicamenteux est un choix. Le plus important est de rester en vie, et si possible d'apporter un peu de choses aux peu de gens que l'on rencontre dans la durée d'une vie. Quoi qu'il vous faille faire pour rester en vie (médicament ou non), faites-le.


Maintenant, sur un point plus général à propos des médicaments. Merci à Millie Niss (millie@gauss.math.brown.edu) pour la recherche et la rédaction des informations suivantes :

Il y a 3 types de médicaments généralement utilisés pour traiter la bipolarité.

  1. Les stabilisateurs d'humeur
  2. Les antidépresseurs, et
  3. Les antipsychotiques

D'autres médicaments peuvent vous être prescrits pour vous aider à dormir ou à traiter l'anxiété pour dormir ou pour traiter des attaques d'anxiété et/ou de panique si vous en avez.

Comme beaucoup de gens ont besoin d'une combinaison de 2 ou plusieurs médicaments pour être stabilisés, cela peut être long de trouver la bonne médication (et le bon dosage de chaque). Cela se compte généralement en semaines ou en mois… mais il a parfois fallu plusieurs années pour trouver la bonne médication ! Si votre première médication est inefficace, cela NE SIGNIFIE PAS que vous êtes réfractaire. Travaillez avec votre docteur, et assurez-vous qu'il/elle vous écoute, et n'abandonnez pas !

Certains médicaments peuvent avoir des effets secondaires assez sévères. N'hésitez pas à vous plaindre à votre médecine et insistez pour qu'il baisse les doses, ou essaie une nouvelle combinaison si les effets secondaires sont intolérables. En particulier, les stabilisateurs d'humeurs et les antipsychotiques à fortes doses peuvent vous fatiguer, vous ralentir, bref vous transformer en zombie. N'acceptez pas cela comme une condition "nécessaire" pour être bien !

Parfois, comme avec beaucoup de médicaments, vous aurez à arbitrer entre l'élimination totale des symptômes et un niveau tolérable d'effets secondaires ; le point clé est de communiquer avec votre médecin à propos de ce que vous vivez, et soyez certain de connaître toutes les options. (Cela étant dit, beaucoup vivent très bien sous lithium, ou lithium plus antidépresseur.)

Nous listons ci-après les effets secondaires potentiels à propos de chaque médicament. Notre objectif n'est pas d'effrayer, mais d'informer et de partager les expériences. Chacun est différent, certains prendront ces médicaments sans connaître l'ombre d'un effet secondaire, tandis que d'autres en découvriront de nouveaux qui ne sont pas listés ici. Communiquez avec votre médecin, votre pharmacien, et tous les autres membres de votre entourage médical à propos de ce qui se passe entre vous et vos médicaments.

4.4.1. Stabilisateurs d'humeur

Les stabilisateurs d'humeur constituent le traitement de base pour la plupart. Ils sont sensés réguler votre humeur, de façon à ce vous ne soyez jamais trop bas (déprimé) ou trop haut (maniaque). En pratique, ils sont beaucoup plus efficaces contre la manie que contre la dépression, et ils peuvent même avoir un effet dépresseur, de telle sorte que vous êtes plus déprimés avec que sans. Pour cette raison, certains les appellent maintenant "antimaniaques". Les stabilisateurs d'humeur mettent une semaine ou deux avant d'être effectifs. Les plus communs sont :

# 4.4.1.1 Lithium (Eskalith, Lithane, Lithobid, Lithonate, Lithotabs)

C'est le plus vieux et le plus utilisé des stabilisateurs d'humeur, et c'est généralement le premier médicament qu'on vous propose quand vous êtes diagnostiqué. Il semble être assez facile à tolérer pour la plupart des gens, et stabilise 50 à 60% des patients à lui tout seul. Les effets secondaires habituels sont : Léthargie, Diarrhée, Nausée, Urination fréquente, Tremblement, Gain de poids.

Les symptômes d'overdose sont : Version intense des effets décrits ci-dessus, Tics, Forts tremblements, Vertiges, Perte d'équilibre, Soif, Vision floue, Confusion, Convulsions.

Note : si vous ne pouvez supporter les effets secondaires du lithium normal, vous pouvez vouloir essayer une nouvelle forme, comme le Lithobid.
Il est très important de suivre des contrôles réguliers du sang, surtout au début, parce que le niveau thérapeutique et proche du niveau toxique. Après que le dosage ait été validé, il pourra suffire d'un test sanguin tous les 6 mois. C'est aussi une bonne idée que de vérifier le foi et les fonctions de la thyroïde parce qu'ils peuvent souffrir de l'utilisation sur une longue période du lithium.

Les autres stabilisateurs d'humeur sont les anticonvulsivants, utilisés tout d'abord pour traiter l'épilepsie, mais aussi efficace pour la bipolarité.

# 4.4.1.2 Acide Valproic (Depakote, Depakene, Epival, (N.D.T. : En France : Dépamide))

Les effets secondaires sont similaires à ceux du lithium, la toxicité à long terme peut être moins sévère. Certains trouvent que le Depakote les déprime, ou intensifie une dépression en cours. Il peut aussi entraîner des dysfonctionnements sexuels (anorgasmie, éjaculation précoce, éjaculations rétrogrades (N.D.T. : ???), réduction de la libido) tant chez les hommes que chez les femmes.

# 4.4.1.3 Carbamazepine (Tegretol)

Le Tegretol est un autre anticonvulsivant.

Ses effets secondaires sont généralement plus sévères que ceux du Lithium ou du Depakote, mais certains patients qui ne peuvent pas supporter le Lithium tolère très bien le Tegretol. Il est aussi spécialement efficace pour les "rapid-cyclers".

Effets secondaires : Nausée, Vertige, Confusion, Ralentissement cognitif, Perte de coordination, Tremblement, Douleurs buccales, Baisse d'efficacité de la pilule contraceptive.

D'autres anticonvulsivants sont maintenant utilisés expérimentalement en tant que stabilisateurs d'humeur. Il en est ainsi du Klonopin (un médicament anti-anxiété utilisé aussi en anticonvulsivant).

Certains bipolaires II ou cyclothymiques (sans crises véritablement maniaques) peuvent être stabilisés par des antidépresseurs. (voir le WARNING !)

4.4.2.Antidepressants

WARNING : UTILISER DES ANTIDEPRESSEURS SEULS POUR TRAITER LA BIPOLARITE PEUT INDUIRE DES PHASES MANIAQUES OU HYPOMANIAQUES.

Les antidépresseurs (ADs) font partie du traitement de la plupart des patients souffrant de sévère dépression. Quoiqu'il en soit, ils doivent être utilisés précautionneusement par les bipolaires. Bien que les ADs ne poussent pas les gens à être trop hauts, même quand ils sont pris en grande quantité, pour un nombre important de bipolaires ils peuvent induire des phases (hypo)maniaques, et/ou peuvent provoquer rapid-cycling.

Cela est très fréquemment reporté avec les anciens ADs tricycliques (comme le Nortriptylène) , apparemment moins avec le Wellbutrin. Généralement ces risques peuvent être réduits par l'utilisation d'un stabilisateur d'humeur en combinaison avec l'AD, mais même cela ne suffit pas toujours. Tout bipolaire commençant un traitement avec un antidépresseur devrait surveiller de près son humeur, et rester en contact avec son médecin, jusqu'à être certain que cet effet secondaire n'apparaît pas, ou alors à un niveau acceptable.

Les ADs peuvent mettre très longtemps avant d'être efficaces (6 semaines ou plus), et cela peut être long de trouver l'antidépresseur qui vous correspond. Le plus dur avec les ADs est donc souvent l'attente !

# 4.4.2.1 SSRIs

Les antidépresseurs existent en plusieurs parfums :

"SSRI" signifie Selective Serotonin Reuptake Inhibitor. Ils constituent la dernière classe d'AD et ont tendance à être le médicament le plus utilisé actuellement, même si rien ne prouve qu'ils sont plus efficaces que les tricycliques ou les IMAOs.

Les SSRIs sont : Prozac, Paxil, Zoloft, Luvox, Effexor (partiellement)

Les effets secondaires sont : Bouche sèche, Tremblement, Nausée, Insomnie, Somnolence, Anxiété, Hypomanie, Dysfonctionnement sexuel.

Les SSRIs peuvent causer des effets secondaires plutôt extrêmes s'ils provoquent une phase maniaque (ou induisent du rapid-cycling), mais ils ne sont pas très toxiques, et sont donc sûrs pour les patients suicidaires.

# 4.4.2.2 Tricycliques

Les Tricycliques usuels sont : Norpramin (desipramine), amitriptylene, nortriptylene, Sinequan, Elavil, Anafranil, Doxepin.

Les effets secondaires sont les mêmes que pour les SSRIs, supposément plus sévères, mais ça dépend surtout de vous. Les tricycliques sont généralement plus sédatifs que les SSRIs, et sont souvent prescrits en tant que somnifères. Ils ont aussi tendance à faire prendre du poids. Ils sont très toxiques en overdose, et il y a un risque d'overdose accidentel, surtout quand ils sont utilisés en tant que somnifère "à la demande".

# 4.4.2.3 IMAOs

IMAO = Inhibiteur de la Monoamine Oxydase (en anglais : "MAOI" = "MonoAmine Oxydase Inhibitor.")

Les plus communs sont Nardil (phenelezine) et Parnate.

Effets secondaires : comme ci-dessus, gain de poids. Les IMAOs sont plus sûr pour votre cœur que les tricycliques, aussi ils sont plus adaptés aux personnes âgées ou aux fragiles du cœur. Les IMAOs peuvent être efficaces chez des patients réfractaires aux SSRIs ou Tricycliques. Ils sont sensés être spécialement utiles pour ceux qui sont fatigués et dans le brouillard quand ils sont déprimés et qui peuvent être encouragés/rendus plus actifs par une stimulation externe.

Ils peuvent aussi être plus efficaces avec les dépressions atypiques (plus déprimé tard le soir que tôt le matin, gain de poids plutôt que perte, trop de sommeil plutôt que pas assez, etc.)

Le principal problème avec les IMAOs est qu'ils interagissent dangereusement avec la nourriture contenant de la tyramine (un amino-acide). La combinaison peut conduire à une forte hypertension (forte pression du sang). Cela peut être très dangereux et provoquer une attaque, et la mort, quoique cela soit rare. Les symptômes d'une crise d'hypertension sont : mal de crâne sévère à l'arrière de la tête, nausée, faiblesse, effondrement soudain. Une liste partielle des aliments à éviter est : lait, yaourt, sauce de soja, avocat, bananes mûres, figues, saumon fumé, jambon fumé, salami, hareng mariné, haricots (Broad Beans). La caféine et le chocolat doivent être pris avec précaution. Il y a aussi d'autres interactions avec beaucoup de médicaments, et vous ne devriez prendre aucune médication (including over-the-counter drugs) sans demander à votre médecin ou pharmacien. La liste des médicaments à éviter inclut : antihistaminiques, décongestionnants, tout remède contre le rhume, codéine, amphétamines, Démérol et autre soulageurs de douleurs de type narcotique, quelques formes d'anesthésie générale.

A cause de ces interactions avec la nourriture et les médicaments, vous devriez porter un bracelet médical d'alerte quand vous êtes sous IMAO.

# 4.4.2.4 Autres ADs

D'autres antidépresseurs sont :

## 4.4.2.4.1 Wellbutrin

Quoiqu'il ne provoque pas beaucoup de manie, il peut rendre les gens très nerveux et très "hyper". Les effets secondaires sont comme pour les autres, avec un risque important de crise d'épilepsie dans les doses extrêmes.

## 4.4.2.4.2 Serzone

Desyrel (trazodone) : utilisé surtout en tant que somnifère, comme il n'est pas très efficace en tant qu'AD.

4.4.3.Antipsychotics

Aussi appelés "Neuroleptiques" ou "Tranquilisants Majeurs", ces médicaments ont plusieurs utilisations chez les bipolaires.

Une utilisation importante est de calmer ceux en phase maniaque aiguë, en attendant qu'un stabilisateur d'humeur fonctionne. Ces médicaments sont aussi utilisés, à faible dose, comme des somnifères ou pour combattre l'anxiété, ou en dose plus forte pour les symptômes psychotiques comme les hallucinations et les illusions. Ils sont aussi utilisés en combinaison avec un stabilisateur d'humeur comme partie de la médication d'entretien pour éviter les futures rechutes.

Les antipsychotiques les plus importants sont : Thorazine (chlorpromazine) , Mellaril (thioridazine), Stelazine, Haldol (haloperidol), Risperdal (risperidone), Clozaril (clopazine), Trilafon (perphenezine)

Les effets secondaires sont similaires pour tous ces médicaments, quoique certains (Mellaril, Thorazine) soient relativement légers, tandis que d'autres (Haldol) ont des effets secondaires sérieux pour beaucoup. Les principaux effets secondaires sont : Somnolence, Ralentissement de la parole et de la pensée, Difficultés pour marcher et garder son équilibre, Nervosité, Tics, Mouvements involontaires, Confusion, Rigidité.

Si les Tics/Mouvements involontaires/Rigidité deviennent sévère, ils peuvent parfois être soulagés par une antiparkinsonien comme le Cogentin. Le risque principal avec ces drogues est ce qu'on appelle la dyskinésie tardive, où les tics et les mouvements involontaires se poursuivent après que la médication soit finie. C'est très rares quand les doses sont faibles, et la durée de prise pas trop longue.

4.4.4 Autres médicaments : benzodiazépines ou "tranquillisants mineurs"

Ces médicaments sont utilisés pour traiter l'anxiété ou l'attaque de panique, ou comme somnifères. Les benzos les plus connus sont : Valium (diazepam), Ativan (lorazepam), ProSom (estazolam), Restoril (temazepam), Klonopin (clonazepam).

Les effets secondaires sont somnolence et nausée (rare).

Le principal problème avec ces médicaments est qu'ils créent une dépendance, et une rapide tolérance (ce qui signifie qu'il faut sans cesse augmenter les doses pour obtenir le même effet). Il peut aussi être difficile d'arrêter les benzos à cause de l'état de manque. Certains médecins n'utiliseront pas ces médicaments pour cette raisons, mais la plupart des patients ne connaîtront aucun problème s'ils ne les utilisent que sur une courte période.

Les Benzos sont plus gentils comme somnifères que les tranquillisants majeurs.

4.5 Quelles sont les thérapies alternatives, et sont-elles bonnes ?

En Construction

4.6 Comment puis-je payer tout ça ? (Assurances)

En Construction

4.7 Quels sont mes droits en tant que patient ?

En Construction

4.8 Quel sont mes droits en tant que bipolaire ?

En Construction

4.9 Comment le dire à mes (amis, famille, collègues) ? Le dois-je ?

En Construction

4.10 Organisations d'aide

The Depressive and Related Affective Disorders Association

Johns Hopkins Hospital, 600 North Wolfe Street, Baltimore, MD, 21205.
DRADA's email address is : drada@welchlink.welch.jhu.edu.
Their WWW site : http://infonet.welch.jhu.edu/departments/drada/default
DRADA's fax number is 410-614-3241. National Alliance for the Mentally Ill :

200 N. Glebe Road ; Suite 1015 ; Arlington, VA 2203-3754. Phone : 703-524-7600.National Depressive and Manic Depressive Association :

730 N. Franklin, Chicago, IL 60610. Phone : 1-800-82N-DMDA. National Institute of Mental Health : has free brochures and information. Call 1-800-647-2642.
Their Panic Disorder Education Program is at : Room 7C-02, 5600 Fishers Lane, Rockville, MD 20857.


5.0 Comment puis-je aider un proche ?

La Bipolarité n'affecte pas seulement la personne diagnostiquée, malheureusement. Dans cette section, nous allons parler des quelques points que les proches, les amis, et les amants peuvent faire pour aider un bipolaire.

5.1 Que faire (et ne pas faire) quand quelqu'un que vous aimez est diagnostiqué

12 choses à faire si la personne que vous aimez souffre de dépression, de bipolarité ou d'un autre trouble d'humeur :

  1. Ne regardez pas ce fait comme une disgrâce familiale ou un motif de honte. Les troubles de l'humeur sont biochimiques par nature, tout comme le diabète, et sont tout autant traitables.

  2. Ne harcelez, ne prêchez pas, ou ne sermonnez pas la personne. Il y a de fortes chances qu'il se soit déjà dit tout ce que vous pourrez lui dire. Il en prendra juste une partie et rejettera le reste. Vous ne pouvez qu'accroître son isolement ou le forcer à faire des promesses impossibles à tenir. (Je te promets que je me sentirai mieux demain, ma chérie !)

  3. Préservez-vous de l'attitude "plus saint que toi" comme du positionnement du martyre. Il est possible de donner cette impression sans dire un seul mot. Une personne souffrant d'un trouble de l'humeur a une sensibilité émotionnelle qui lui permet de juger l'attitude des autres à son égard plus par les actions, même les plus petites, que par les mots dits.

  4. N'utilisez pas l'appel du "si tu m'aimes". Comme les personnes souffrant de troubles de l'humeur ne contrôlent pas leur douleur, cela ne fera qu'accroître leur culpabilité. Cela revient à dire : "si tu m'aimais tu n'aurais pas de diabète."

  5. Evitez toute menace à moins que vous ne l'ayez étudiée profondément. Il y a des moments où, bien sûr, une action spécifique est nécessaire pour protéger les enfants. Mais une menace vaine peut seulement faire sentir à la personne que vous ne pensez pas ce que vous dites.

  6. Si la personne prend de la drogue et/ou de l'alcool, ne les lui enlevez pas, ni ne les cachez. Généralement cela ne fait que pousser l'autre dans un état de désespoir et/ou de dépression. A la fin il/elle trouvera tout simplement de nouveaux moyens d'obtenir plus de drogues ou d'alcool s'il les veut suffisamment. Ce n'est pas le moment ni le lieu pour un combat de pouvoir.

  7. D'un autre coté, si l'abus d'alcool et/ou de drogue est réellement un problème, ne le laissez pas vous persuadez d'utiliser des drogues ou de boire avec lui sur le motif que cela lui en fera baisser sa consommation. Ca marche rarement. De plus, quand vous pardonnez l'usage d'alcool ou de drogue, cela risque de pousser l'autre à retarder sa recherche d'une solution.

  8. Ne soyez pas jaloux de la méthode que l'autre choisit pour se remettre d'aplomb. La tendance est de croire que l'amour de la maison et de la famille est suffisant et qu'il peut remplacer une thérapie externe. Fréquemment la motivation de reconquérir son respect de soit est plus fort pour la personne que de reprendre ses responsabilités familiales. Vous pouvez vous sentir détruit quand l'autre se tourne vers d'autres pour obtenir un soutien mutuel. Vous ne seriez pas jaloux de leur docteur pour les soigner, si ?

  9. N'attendez pas un rétablissement immédiat à 100%. Dans beaucoup de maladie, il y a une période de convalescence. Il peut y avoir des rechutes et des périodes de tension et de ressentiment.

  10. N'essayez pas de protéger l'autre de situations qui vous paraissent comme potentiellement dépressive ou stressante pou lui. Une des meilleures façons de faire fuir quelqu'un souffrant de troubles de l'humeur est de faire comme si vous vouliez qu'il dépende de vous. Chacun doit apprendre par lui-même ce qui lui convient de mieux, et notamment dans les situations sociales. Si, par exemple, vous essayez de faire taire quelqu'un qui pose des questions à propos du trouble, du traitement, de la médication, etc., vous risquez fortement de faire ressortir des vieux ressentiments. Laissez la personne choisir LUI-MEME s'il veut répondre, ou s'il préfère dire "Je préférerai ne pas en parler, et j'espère que cela ne vous offense pas"

  11. Ne faites pas pour l'autre ce qu'il peut faire seul. Vous ne pouvez pas prendre ses médicaments à sa place. Vous ne pouvez pas ressentir ce qu'il ressent à sa place. Et vous ne pouvez pas résoudre ses problèmes pour lui. Donc, n'essayez pas. N'enlevez pas les problèmes avant que la personne n'ait à les affronter, à les résoudre, ou à en souffrir.

  12. Offrez de l'amour, du support, et de la compréhension dans le rétablissement, quelle que soit la méthode choisie. Par exemple, certains choisissent de prendre des médicaments, d'autres non. Chacun a ses arguments (plus d'effets secondaires contre une plus grande efficacité, par exemple). Exprimer une désapprobation sur la méthode choisie ne fera que renforcer l'autre dans son impression que tout ce qu'il fait est mal.

5.2 Que faire (et ne pas faire) si vous soupçonnez quelqu'un que vous chérissez a besoin d'aide, mais se refuse à la rechercher

  1. Premièrement, relisez la section 5.1.
  2. Maintenant relisez-la encore. :-)

Okay

Maintenant vous êtes de retour avec nous.

Un des aspects les plus inquiétants et les plus frustrants de cette maladie, pour les proches, et que beaucoup de bipolaires se refusent à demander de l'aide :

  • Quand vous êtes déprimé, vous ne croiriez pas que la moindre aide soit possible, alors pourquoi s'en inquiéter ?

  • Quand vous êtes en phase (hypo)maniaque, vous pouvez très bien être irrité ou offensé que quelqu'un vous suggère que vous avez besoin d'aide. Si la manie est euphorique, alors vous NE VOULEZ PAS d'aide… du moins au début, ça semble super (même si c'est l'enfer pour votre entourage).

Certains bipolaires refuseront de l'aide tout au long de leur vie. D'autres résisteront au début, et finiront par admettre qu'ils ne peuvent pas contrôler leur maladie seuls. Cela arrive pour plein de raisons, peur, manque de confiance, déni, mais voilà en quoi ça se résume :

Si quelqu'un refuse le traitement, il n'y a que peu de circonstances où on peut l'y forcer. Dans la plupart du monde civilisé, à moins que le bipolaire présente un danger imminent pour lui ou pour les autres, IL NE PEUT PAS ETRE FORCE A SE SOIGNER.
C'est une potion amère à boire que de voir ceux que l'on aime apparemment en pleine autodestruction. La vérité est que vous ne pouvez pas vivre la vie d'un autre à sa place, quel qu'en soit votre désir... and as much as you might think that what you're doing, you're doing for their own good.

Encore une question sur un sujet proche : que faire si un proche recherche une forme d'aide que vous craignez comme inutile ?

La plupart des bipolaires qui décident de se traiter utilisent l'allopathie standard, ou une psychothérapie traditionnelle. Les résultats d'une telle approche sont généralement nettement meilleurs que si rien n'est tenté.
Quoiqu'il en soit, ce n'est pas une vérité universelle.

Certains bipolaires vont suivre des thérapies alternatives, soit que le traitement médical semble avoir échoué, soit par défiance générale envers les médecins et les médicaments. Ces thérapies vont du charlatanisme le plus évident (Les "Orgone Boxes" de Reichian ou d'autres stupidité similaires) ) des thérapies qui présentent des anecdotes intéressantes et prometteuses (comme la thérapie orthomoléculaire/nutritionnelle), mais aucune étude concluant à leur efficacité n'a encore été publiée. Les résultats peuvent donc beaucoup varier mais si vous croyez que quelque chose vous aidera, ce sera souvent le cas, l'esprit est surprenant de ce point de vue. Certains bipolaires incluent la spiritualité dans leur traitement/manière de vivre, d'autre l'évitent complètement.

Encore une fois : aussi bizarre que certaines de ces approches puissent vous sembler, vous ne pouvez pas vivre la vie d'un autre et le fait qu'un bipolaire prenne une responsabilité dans son traitement est un signe très prometteur.

Note finale : si vous êtes un proche d'un bipolaire (famille, ami, amant), il vous faudra prendre soin de vous-même. Quel que soit l'amour que vous lui portez, ne devenez pas une victime financière ou émotionnelle. Il existe des groupes d'aide aux familles, et d'autres ressources qui peuvent vous aider : exploitez-les, et créez un réseau avec les personnes dans la même situation. Voyez la section suivante pour trouver un groupe proche de vous.


[6.0 Resources for education and support

N.D.T. : LE CHAPITRE 6 (CONCERNANT LES RESSOURCES EN ANGLAIS) N'EST PAS TRADUIT : PASSEZ DIRECTEMENT AU 7.4 SI VOUS LE DESIREZ

This section details Internet, print, and other resources available to people with Bipolar Disorder and their friends and family.

6.1 Internet Resources

6.1.1. Mailing Lists

Pendulum (Mailing List)

The "pendulum" mailing list is a support group for people who have a cyclical affective disorder (either bipolar or unipolar depression). Anything relating to mood disorders is fair game for discussion, including :

  • Lithium treatment : methodologies and side-effects.

  • Treatment with anti-depressant medications : tri-cyclics, Prozac, Zoloft, and the like.

  • Effect of MD illness on people you are close to.

  • How to deal with the strange things you may have done while under the grip of MD illness.

  • Dealing with mental health professionals, particularly, what to do when you come up against incompetence, and how to find a quality psychiatrist, psychologist, or counselor.

  • How to recognize the warning signs of an impending manic swing.

  • How to recognize the warning signs of suicide.

SUBSCRIPTION POLICY :
due to problems on the list in December 1995, the list has been placed in CLOSED subscription mode (i.e. the list-owner hand-processes each sub request). In addition, only subbed members of the list may post to the list, with a very few exceptions. There are several things the list-owner does to lessen the probability that dysphoric individuals bent on trolling, will pop on/off the list :

  • each sub request is held at least 48 hours before processing.

  • some potential subscribers may be asked in advance if they will observe certain rules, particularly with regard to use of alternate IDs, and use of automatic mail-handling (e.g. forwarding) software.

  • users of certain ISPs from which problems have originated, and account names which appear suspicious, may be asked for a real name, city/state of residence, and telephone number (to verify identity via directory assistance or direct query). If requested, this info is discarded within 2 months of subscription.

  • Regular (non-3rd-party) un-subs are handled immediately by the server ; there is no wait in that case.

FOR THOSE CONCERNED ABOUT PRIVACY : please note that the Majordomo server allows users who are registered on this list, to find out the membership of the mailing list, via the server's "who" command. Since this list is typed "private", users not registered on the list cannot receive this information. Also, real names are never inserted in the list when sub requests are manually processed. If however, this is still of concern to you, notify pendulum-owner.

To subscribe to pendulum, send a message to : majordomo@ucar.edu containing the line SUBSCRIBE PENDULUM (e-mail address)
(To subscribe to the Digest form, substitute SUBSCRIBE PENDULUM-DIGEST above.)

Walkers-in-Darkness

Walkers-in-Darkness is a list for people diagnosed with various depressive disorders (unipolar, atypical, and bipolar depression, S.A.D., related disorders). The list also includes sufferers of panic attacks and Borderline Personality Disorder. Please, no researchers trying to study us, etc. (Postings are copyrighted by individual posters.)
To subscribe to walkers or walkers-digest, send a message to : majordomo@world.std.com containing one of the following lines : SUBSCRIBE WALKERS (your e-mail address) for the mailing list, or SUBSCRIBE WALKERS-DIGEST (your e-mail address) for the digest.

MADNESS

MADNESS is an electronic action and information letter for people who experience moods swings, fright, voices, and visions. (People Who).
To subscribe, send a message to : LISTSERV@SJUVM.STJOHNS.EDU with this command in the body of the message : SUBSCRIBE MADNESS (first name) (last name)

6.1.2.USENET Newsgroups

The two principal newsgroups of interest to people with Bipolar Disorder are :

  • alt.support.depression.manic (ASDM)

  • soc.support.depression.manic (SSDM).

The following newsgroups may also be helpful and interesting :

  • alt.support.depression

  • alt.support.depression.seasonal

  • alt.society.mental-health

  • bionet.neuroscience

  • sci.med.psychobiology

  • sci.psychology.announce

  • sci.psychology.consciousness

  • sci.psychology.journals.psyche

  • sci.psychology.journals.psycoloquy

  • sci.psychology.misc sci.psychology.personality

  • sci.psychology.psychotherapy

  • sci.psychology.research

  • sci.psychology.theory

  • soc.support.depression.crisis

  • soc.support.depression.family

  • soc.support.depression.misc

  • soc.support.depression.seasonal

  • soc.support.depression.treatment

6.1.3.World Wide Web Sites

The gold standard for bipolar-related Web sites is Pendulum Resources, maintained by Doug Barlow (hugman@atl.mindspring.com) and found at :

http://www.mindspring.com/~hugman/pendulumDoug links to many related sites as well.

Another terrific site is Dr Ivan K. Goldberg's "Depression Central" at : http://www.psycom.net/depression.central.html Both of these sites are regularly and conscientiously maintained and contain numerous outside links.

6.2 Books

Q : What are some good books to read about bipolar disorder?

A : Everyone has their own favorites. The ones that are most often mentioned oir recommended are :

  • "A Brilliant Madness" by Patty Duke and Dr Gloria Hochman

  • "An Unquiet Mind" by Dr Kay Redfield Jamison

  • "The Depression Workbook" by Mary Ellen Copeland

  • "Touched With Fire" by Dr Kay Redfield Jamison

  • "Questions and Answers about Depression and Its Treatment" by Dr Ivan Goldberg

  • The standard medical textbook on bipolar disorder is "Manic Depressive Illness" by Frederick Goodwin and Kay Redfield Jamison.

Full references for these books, and many more, can be found below.

The following list of books has been derived from various sources, including Joy Ikelman's Media File. (To obtain the latest version of the Media File--a listing of books, movies, tapes, plays, and other media resources of interest to folks with bipolar disorder, send e-mail to Joy at parrot@frii.com.)

  • A Brilliant Madness : Living with Manic Depressive Illness
    Author : Patty Duke (Anna Pearce) and Dr Gloria Hochman
    Publisher : Bantam Books ; 1992 ISBN : 0-553-07256-0

  • Comments :Patty Duke's very personal account of her struggle with manic-depression. Duke writes every other chapter, while Hochman writes about the more clinical aspects of manic-depression.

The Broken Brain : The Biological Revolution in Psychiatry
Author : Nancy Andreasen, M.D., Ph.D.
Publisher/Year : Harper-Perennial ; 1984 ISBN : 0-060-91272-3

Comments : Scientific theories on biochemistry, brain function and biophysics of neurotransmission. Language is semi-technical but meant for the layperson.

A Brotherhood of Tyrants : Manic Depression and Absolute Power
Authors : D. Jablow Hershman & Julian Lieb
Publisher/Year : 1994 ISBN : 0-87975-888-0

Comments : The authors consider tyranny as the product of bipolar disorder (especially mania) together with ruthlessness, ambition, paranoia, and other charming qualities. The approach is interdisciplinary, combining psychiatry and history. They present biographies of the public and private lives of Napoleon, Hitler, and Stalin.

Call Me Anna ; The Autobiography of Patty Duke
Author : Patty Duke (Anna Pearce) (with Kenneth Duran)
Publisher/Year : Bantam Books, 1987 ISBN : 0-553-05209-9

Comments : Patty Duke's autobiography.

Creative Brainstorms : The Relationship Between Madness and Genius
Author : Russell R. Monroe, M.D.
Publisher : Irvington Publishers, Inc. 740 Broadway, NY NY 10003 ISBN : 0-8290-1769-0

Comments : Robert Lowell and Ernest Hemingway are the main persons the author uses as examples of artists with manic-depression. Others are mentioned : Ezra Pound, Mary Lamb, Virginia Woolf.

The Depression Workbook : A Guide for Living with Depression and Manic Depression
Author : Mary Ellen Copeland Publisher : New Haringer
Publications ; 1992 ISBN :

Comments : A detailed overview of the history, causes and treatment of mood disorders. Offers step-by-step, self-help guidance for taking responsibility for your own wellness ; using charts to track and control your moods ; find appropriate mental health professionals ; build a support system, increase your self-confidence and self-esteem ; using relaxation, diet, exercise and full-spectrum light to stabilize your moods ; and avoid conditions that can exacerbate you moods swings. "An essential tool to assist people struggling with depression and mania to gain insight to actively enter a lifelong journey of healing and wellness."

Depression : The Mood Disease
Author : Francis M. Mondimore, M.D.
Publisher/Year : Johns Hopkins University Press, 1990 ISBN : 0-801-83856-8

Comments : Contains-- Symptoms, Diagnosis, and Treatment (Mood, Depression, Bipolar Disorder), Variations, Causes, and Connections, and Getting Better. From the jacket : "Dr Mondimore's book reduces the complexities of this baffling and very common illness to terms the general reader can understand. Having been treated for manic-depression for more than ten years and considering myself something of a lay expert, I was pleasantly surprised at how much this book increased my own knowledge of the subject." --Thomas M. Posey, President, National Alliance for the Mentally Ill.

Diagnostic and Statistical Manual of the American Psychiatric
Association (DSM-IV)
Publisher/Year : Version IV ; American Psychiatric Association, 1994 ISBN : 0-89042-062-9

Comments : Lists all mental illnesses and diagnostic criteria and assigns a coding system. Fascinating reading.

The Emotional Pharmacy
Author : Roberta Morgan
Publisher/Year : Body Press, 1988 ISBN : 0-895-86709-5

Comments : Covers psychological problems treatable with psychoactives as well as recreationals and their affect on brain chemistry and behavior.

The Essential Guide to Psychiatric Drugs
Author : Jack Gorman
Publisher/Year : St. Martin's Press ; 1992 ISBN : 0-312-06967-7

Comments : Discussion of psychiatric drugs, info about side effects, and practical tips, in non- technical language.

Feeling Good : The New Mood Therapy
Author : David Burns, M.D.
Publisher/Year : Signet ; 1980 ISBN : 0-451-16776-7

Comments : Self-help cognitive therapy techniques for depression, anxiety, etc.

The Feeling Good Handbook
Author : David D. Burns, M.D.
Publisher/Year : Plume ; 1989 ISBN : 0-452-26174-0

Fire in the Brain : Clinical Tales of Hallucinations
Author : Ronald K. Siegel
Publisher/Year : E.P. Dutton, NY ; 1992 ISBN :

Comments : Siegel is a professor at UCLA School of Medicine's Department of Psychiatry and Behavioral Sciences. Studies of various hallucinatory experiences, including sleep disorder states.

6.3 Magazine and Journal Articles

Section en Construction BC* * * *

7.0 Controversial Issues - making sense of them

En Construction #### 7.1 To drug, or not to drug?

En Construction #### 7.2 Should I participate in a study or other research program?

En Construction #### 7.3 How do I evaluate "alternative" therapies?

En Construction #### 7.4 Le Mouvement des Psychiatric Survivors'

(N.D.T. : survivor = survivant + résistant. Il n'existe pas à ma connaissance de terme français traduisant ces sens). Les informations suivantes ont été transmises par David Oaks (dendron@efn.org) de la Support Coalition, et est un résumé de la FAQ de la Coalition :
Depuis les tout début de la psychiatrie, les psychiatric survivors ont résisté individuellement aux violations des droits de l'homme et cherchés des solutions alternatives humaines. Dans les 25 dernières années, cependant, une petite vague de divers groupes organisés, de réseaux, de publications de conférences est apparue, et s'est connecté internationalement. Parfois appelé le "psychiatric survivors liberation movement," (Mouvement de Libération des Psychiatric Survivors") ou le "mental health consumers movement," (mouvement des consommateurs de santé mentale"), ou même juste "mad lib" (N.D.T. : mad = fou, lib = contraction de libération ; référence au "women lib", mouvement de libération des femmes), il est l'un des plus incroyables exemples de pure résistance humaine.

Les soeurs et les frères dans notre mouvement ont survécu (et résisté) à l'enfermement et aux électrochocs. Aux médicaments et aux étiquettes. A la perte de domicile, et au confinement. Et ils continuent toujours à résister, à rappeler les nombreux tués par la psychiatrie. Nous avons continué à rire, pleurer, divaguer, sans jamais rester silencieux, directement à la face de la plus brutale tentative high-tech de prise de contrôle de l'esprit de ce siècle. Support Coalition est une alliance indépendante de 30 groupes de base aux USA, Canada, Europe et Nouvelle-Zélande. Plusieurs des leaders clés de la coalition ont été des activiste de premier plan qui ont gardé la lumière de l'espoir et du combat depuis plus de 20 ans.

Dendron News est la voix de la Support Coalition. Dendron est un "madness network newspaper" qui touche maintenant 15,000 personnes internationalement.

"Dendrites" sont nos alertes électronique sur les droits de l'homme, envoyés sur Internet de temps en temps. "Dendrite" est une mailing-list à un sens et à peu de volume, gratuite. To subscribe just e-mail to majordomo@efn.org with just these words in the body of your message : subscribe dendrite

"Dendron" est différent parce que c'est notre NEWSPAPER.

Nous avons un site Web ! L'URL est : http://www.efn.org/~dendron Il y a aussi une liste gratuite, à 2 sens, juste pour l'amusement, sur "healing normality." ("Guérir la normalité") . You can join that by e-mailing ajordomo@efn.org with just these two words in the body of your message : subscribe healnorm ***

7.5 Critics of Psychiatry and Psychology

En Construction


8.0 Is there life (and hope) after diagnosis?

===== SECTION EN CONSTRUCTION =====

8.1 Coping hints from readers and participants

===== SECTION EN CONSTRUCTION =====

8.2 Research trends and directions

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